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Des agriculteurs de Haute-Marne se mobilisent contre la prédation du loup

À l’appel de la FDSEA, de Jeunes Agriculteurs et de la Fédération des producteurs de lait, des agriculteurs ont tracé un SOS devant la préfecture de Chaumont avec de la laine en guise d'hommage symbolique aux animaux tués par le loup dans le département de la Haute-Marne.

Quelque 130 agriculteurs se sont mobilisés le samedi 3 janvier 2026 à Chaumont (Haute-Marne), à l’appel de la FDSEA, de Jeunes Agriculteurs et de la Fédération des producteurs de lait, pour dénoncer la multiplication des attaques de loups et réclamer la régulation de l’espèce par l’État.

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« Silence dans les prés : les loups ont fait fuir la vie », pouvait-on lire sur une banderole déployée devant la préfecture de Chaumont en Haute-Marne, ce samedi 3 janvier 2026. À l’appel de la FDSEA, de Jeunes Agriculteurs (JA) et de la Fédération des producteurs de lait, des manifestants, dont certains étaient venus en tracteurs, y ont organisé une cérémonie symbolique d’hommage aux animaux tués par le loup.

« La régulation du loup doit être assurée par l’État »

Le gouvernement « doit trouver des solutions légales qui répondent à notre situation d’exception », a affirmé à l’AFP Thomas Millot, président des Jeunes Agriculteurs de la Haute-Marne, qui dit attendre « des actes concrets dans les semaines qui viennent. La régulation du loup doit être assurée par l’État, ce n’est pas aux éleveurs de la gérer. »

Certains agriculteurs sont autorisés à effectuer des tirs de défense contre les loups en cas d’attaque. Mais ils appellent notamment l’État à mandater des agents pour tuer des loups en raison de la forte augmentation des attaques, qui ont fait plus de 800 victimes en 2025. Selon Thomas Millot, « il y a une forte inquiétude et un grand désarroi chez les agriculteurs pour l’avenir, car les réponses n’arrivent pas assez vite ».

« On est clairement en train de mettre en péril une filière tout entière »

« Il faut que les règles changent et urgemment, insiste Pierre-édouard, un éleveur. On est clairement en train de mettre en péril une filière tout entière. Cela touche l’élevage extensif, on ne parle pas d’élevage industriel ou hors sol. Ça touche des animaux qui pâturent, des prairies qui font nos paysages. »

« On n’en peut plus, que va-t-il advenir de la filière ovine dans les années à venir ? », s’inquiète de son côté Samuel Guenin, de la FDSEA, estimant que l’administration « n’a pas de solutions à nous donner ».

Dans la nuit du 24 au 25 décembre, dix-neuf brebis ont été tuées et cinq autres ont dû être euthanasiées après une probable attaque de loup, l’une des plus importantes prédations imputées au loup en 2025 dans ce département.

En 2025, quelque 193 attaques d’ovins ont été constatées en Haute-Marne, causant plus de 800 victimes, contre 22 attaques et 60 victimes en 2024, selon la préfecture.

Le nombre de loups en France est resté relativement stable en 2025, à 1 082 individus en moyenne, selon des chiffres officiels publiés à la fin de novembre, que les éleveurs jugent sous-estimés. Ils réclament inlassablement une augmentation du quota d’abattage annuel autorisé, fixé à 19 % de la population estimée.

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