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« La guerre des prix », dans le secret des box de négociations

Ana Girardot interprète Audrey, une jeune cheffe de rayon souhaitant développer l'offre de produits laitiers locaux et biologiques, en soutien à son frère – interprété par Julien Frison, éleveur laitier sur la ferme familiale normande.

Ce premier film (1) dépeint la face cachée des négociations commerciales entre industriels et distributeurs et, surtout, ses conséquences néfastes pour les agriculteurs.

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Pour sa première réalisation, Anthony Déchaux s’attaque à un rituel économique dont les conséquences sont, chaque année, critiquées par le monde agricole. La guerre des prix dévoile de manière simple — mais non simpliste — un schéma des négociations commerciales où les pressions et les menaces sont quotidiennes, et où la tension monte jusqu’au dernier jour.

Aux côtés d’un Olivier Gourmet en négociateur impitoyable, Ana Girardot y interprète une jeune cheffe de rayon dont le frère a repris l’exploitation laitière familiale, propulsée à la centrale d’achat pour y négocier avec les fournisseurs des baisses de prix sur les produits laitiers biologiques et locaux afin d’en développer les volumes.

Le réalisateur joue habilement avec le contraste des ambiances : celle, d’une part, de box de négociations tels qu’on peut les imaginer — de petits bureaux totalement insonorisés et sans fenêtre — et, de l’autre, celle plus familière d’une exploitation familiale normande. Sur le fond, le scénario dépeint avec justesse la violence économique à laquelle se livrent industriels et distributeurs, au nom de la préservation des marges et des emplois, d’un côté, et du pouvoir d’achat des consommateurs, de l’autre. Comme dans la réalité, ce sont les producteurs laitiers engagés dans une filière locale et biologique qui en font les frais.

Alors que ce film sort quelques jours seulement après la clôture des négociations commerciales de 2026, difficile de ne pas penser à la récente passe d’armes entre Lactalis et la centrale d’achat européenne Everest.

(1) Sortie en salle le 18 mars. 

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