Avec l’Australie, la FNSEA et JA s’inquiètent d’un « Mercosur bis »
En cours de négociations, le projet d’accord commercial entre l’Union européenne (UE) et l’Australie cristallise déjà les tensions, notamment des filières ovines et bovines. Pour la FNSEA et JA, « tous les ingrédients sont réunis pour un “Mercosur bis” ».
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La séquence de mobilisation contre l’accord entre l’Union européenne et les pays du Mercosur est encore récente, mais les éleveurs français se tournent déjà vers un nouveau danger venant d’Océanie. La Commission européenne est en pleine phase de négociation d’un nouvel accord de libre-échange avec l’Australie. Et pour la FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA), « une nouvelle fois, un accord asymétrique ferait peser une pression accrue sur les filières bovine, ovine, sucrière et rizicole », dénoncent-ils dans un communiqué le 20 février 2026.
Bruxelles « reproduit les mêmes erreurs stratégiques »
Selon les deux syndicats, « la Commission européenne persiste et reproduit les mêmes erreurs stratégiques que par le passé. Après le Mercosur, la Nouvelle-Zélande, c’est désormais l’accord commercial avec l’Australie qui s’inscrit dans cette logique décroissante de l’agriculture européenne. »
Les négociations sont à ce jour très opaques. Si elles sont fondées sur les quotas « annoncés » en 2023, « le projet d’accord prévoirait notamment l’ouverture de notre marché à 24 000 tonnes de viande bovine et 20 000 tonnes de viande ovine australiennes, à droits réduits ou nuls », rappellent les deux organisations.
« Une concurrence accrue sans réciprocité des normes »
L’Australie est l’un des plus grands exportateurs de viande ovine du monde, avec des coûts de production très inférieurs à ceux du Vieux Continent et des normes sanitaires, environnementales et sociales qui ne répondent pas aux exigences imposées en Europe. La Fédération nationale ovine (FNO) s’est déjà insurgée contre le projet d’accord le 5 février dernier, le qualifiant de « coup dur porté à l’élevage français et européen ». Pour Michèle Boudouin, sa présidente, « même dans l’hypothèse basse d’un volume de 20 000 tonnes de viande ovine, l’accord serait dévastateur pour notre filière ».
FNSEA et JA apportent leur soutien à des filières « déjà fragilisées » et qui seraient ici « exposées à une concurrence accrue, sans garanties en matière de réciprocité des normes et d’équité des conditions de production ». Les deux syndicats rappellent par ailleurs que pour les secteurs ovins et bovins, « la demande australienne de faciliter les accès aux marchés européens — près de 450 millions de consommateurs — avait causé la suspension des négociations lors des derniers rounds ».
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