Nouvelle jeunesse pour le haricot du Cheylard
Le haricot viande ou haricot du Cheylard est aujourd’hui remis au goût du jour par des producteurs ardéchois via l’association Ardèche le Goût.
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C’est en travaillant à favoriser l’émergence de la filière légumineuse dans le département que l’association Ardèche le Goût a redécouvert le haricot viande, encore appelé haricot du Cheylard, du nom de la commune ardéchoise. Comme tant d’autres légumineuses, ce haricot avait autrefois une place de choix en culture vivrière, avant de tomber dans l’oubli.
En 2025, il a été réintroduit par l’association dans le cadre du projet européen DivinFood, porté par l’Inrae (1). Deux kilos de graines ont été distribués à une dizaine de maraîchers ardéchois tentés par l’expérimentation. Parmi eux, Thomas Fricker et sa compagne Julia, installés depuis 2023 en maraîchage diversifié à Saint-Lager-Bressac (Ardèche). Le 28 avril 2025, ils ont semé 160 g de graines sur une planche de 50 m de longueur sous tunnel. Malgré un faible rendement, les maraîchers parlent d’« une vraie découverte ». Son principal atout : il peut être consommé aussi bien en vert qu’en sec.
Un goût unique
Julia, à l’instar de ses clients, est tombée sous le charme de ce haricot à rames. « La cosse verte avec ses zébrures violettes est magnifique. » Mais c’est surtout le goût du haricot frais qui l’a conquise, « avec sa texture de beurre et une note de fleurs en fin de bouche ». Enthousiasmés par cette saveur unique, Thomas et Julia ont finalement choisi de le vendre en légume plutôt qu’en légumineuse. Par ailleurs, ils ont pu profiter de repousses en vert jusqu’au mois d’octobre. Un avantage par rapport au haricot coco, qui produit sur une plus courte période.
Ils comptent d’ailleurs arrêter le coco pour ne garder que le haricot du Cheylard, qu’ils considèrent déjà comme un produit phare de la ferme. Comme toute plante grimpante, sa conduite nécessite toutefois un tuteurage et des passages réguliers pour « rabattre et guider les tiges ». En 2026, ils testeront aussi la culture du haricot en plein champ. Au-delà des qualités gustatives du haricot viande, les maraîchers sont fiers de participer à la remise en culture d’une variété ancienne et locale.
(1) Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement.
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