Elles ont trouvé le foncier qu’elles recherchaient pour s’installer
En Seine-et-Marne, Béatrice Lê et Lorena Rossi ont dû trouver et convaincre trois propriétaires, dont un public, pour exploiter deux hectares en maraîchage.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
Béatrice Lê et Lorena Rossi se sont rencontrées, à 40 ans, sur les bancs du Campus Bougainville à Brie-Comte-Robert (Seine-et-Marne) en vue d’obtenir le BPREA. Respectivement graphiste et architecte maître d’œuvre, elles désirent changer de voie pour créer un verger-maraîcher bio sur environ 2 hectares. Si l’envie est là, reste à trouver du foncier. « Nous sommes toutes les deux mamans et ne voulions pas déménager », expliquent Béatrice et Lorena, qui habitent à dix minutes l’une de l’autre. Elles définissent alors une zone de recherche à trente minutes au maximum et appellent agriculteurs et mairies. « Je regardais aussi le Répertoire départ installation de la chambre d’agriculture, et j’ai reconnu une ferme laitière de Gouvernes, à cinq minutes de chez moi, raconte Lorena. Nous avons expliqué notre projet à l’agricultrice qui nous propose de contacter un maraîcher voisin. »
L’agriculteur, sans repreneur, projette de partir à la retraite. De nombreux échanges s’effectuent pendant un an et demi. En 2023, Béatrice l’invite à visiter la ferme maraîchère où elle fait son test d’activité. « Il a pu voir concrètement le projet que nous avions en tête, ça l’a rassuré. » Il propose au binôme un bail sur ses terres familiales, soit moins d’un hectare. Une déclaration préalable de travaux pour construire serres et bâtiments est déposée en mairie, avec une instruction des architectes des Bâtiments de France, la parcelle se trouvant dans le périmètre de bâtiments classés.
Ne pas sous-estimer le temps de la médiation foncière
En parallèle, Béatrice et Lorena contactent Île-de-France Nature, propriétaire public d’une parcelle attenante de 8 hectares en cession, dont 1 hectare était travaillé par l’ex-maraîcher. « L’agence a alors envoyé à tous les bailleurs une photo aérienne délimitant les surfaces de chacun. Puis, nous avons signé un bail de 9 ans avec Île-de-France Nature sur ce même hectare. » Reste à convaincre la propriétaire d’une petite bande accolée de moins de 1 hectare, déjà exploitée par l’ex-maraîcher. Même pour deux hectares, « il ne faut pas négliger le temps pris par la médiation foncière nécessaire avec chaque propriétaire », souligne le binôme.
En 2024, l’autorisation d’urbanisme est validée et l’EARL est créée. Les travaux de montage des serres et les premiers légumes en conversion bio sont semés. Dans le cadre du « Pacte en faveur de la haie », l’association Agrof’île dépose une demande de plantations à l’inspectrice des sites, la parcelle se situant sur un site paysager remarquable de la vallée de la Brosse. Celle-ci est accordée à condition de modifier le projet afin de « continuer à lire la topographie du site » : la plantation des arbres, qui était prévue en fond de vallée comme une « petite forêt », doit être dispersée. Ce qui sera fait sur plan, puis sur site en février 2025 avec 60 fruitiers plantés entre les bandes de légumes, et 338 mètres linéaires de haie (676 arbres et arbustes).
Pour accéder à l'ensembles nos offres :