Déserts médicaux : quand des médecins solidaires assurent des consultations
Des médecins généralistes viennent assurer des consultations dans les zones où l’offre de soins est largement insuffisante. Reportage dans le Gers.
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«Depuis janvier, je fais le tour des cabinets pour trouver un docteur pour ma mère de 93 ans, hébergée à l’Ehpad, témoigne Yves. Sans succès. Depuis qu’on sait qu’elle a rendez-vous avec ce généraliste, on est plein d’espoir. » Ce médecin, c’est le Dr Pascal Blet, qui vient désormais deux jours par mois travailler à la maison de santé de Marciac (Gers). Cette initiative s’inscrit dans le Pacte contre les déserts médicaux lancé par le gouvernement en avril dernier.
Reconnaissance
Cent cinquante-deux zones où l’offre de soin est déficiente ont été identifiées en France, dont vingt-huit en Occitanie. L’Agence régionale de santé (ARS) et les collectivités locales proposent des lieux de consultation. « Les médecins choisissent où ils interviennent, quand et combien de fois », résume Stéphanie Barbié, responsable de l’unité d’accès aux soins de premier recours de l’ARS Occitanie pour le Gers.
Le docteur Pascal Blet a décidé de se mobiliser à Marciac, à plus de 120 km de son cabinet de Colomiers, en région toulousaine, où il est installé depuis plus de trente ans. « J’ai commencé ici au début du mois de novembre. Ce qui me plaît, c’est la relation un peu privilégiée, la reconnaissance de la patientèle, que l’on perd en ville », assure-t-il.
Autre argument : « On sort de la bobologie, pour une prise en charge médicale lourde de gens qui n’avaient pas vu de docteur depuis des mois. Des gens âgés, sortis des radars. » 17 % des Gersois n’ont pas de médecin traitant, soit 18 000 personnes. En plus du tarif des consultations, le médecin perçoit 200 euros par jour de travail à Marciac. « Je ne le savais même pas avant de venir, ce n’est donc pas ce qui m’a convaincu », observe-t-il.
« Vous êtes notre préoccupation majeure », ne cache pas le maire de Marciac, Jean-Louis Guilhaumon, en s’adressant au professionnel de santé. L’élu admet toutefois que cette présence ponctuelle « relève un peu du bricolage. Nous continuons à demander des moyens pour l’installation pérenne de médecins. »
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