Faire des indicateurs ses meilleurs alliés pour piloter son entreprise
Travailler avec des indicateurs adaptés à l’exploitation permet de maintenir, voire d’améliorer, les performances. Leur suivi régulier aide à s’adapter aux évolutions de l’environnement et des marchés.
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Reposant sur les données comptables et les suivis techniques (notamment dans le cadre d’un contrôle de performances), les indicateurs sont utiles pour prendre des décisions éclairées : rééquilibrer une ration à la suite d’une hausse des concentrés, ajuster la conduite d’une culture ou de l’assolement face à une rentabilité trop faible. Qu’ils soient techniques (rendement par hectare, nombre de vêlages) ou économiques (coût de mécanisation, solde bancaire, excédent brut d’exploitation, dit EBE…), ils servent aussi à évaluer ses réussites et ses échecs, à dimensionner correctement un investissement ou à communiquer au sein d’un Gaec sur la base de données objectives.
« Certains agriculteurs ne connaissent que deux indicateurs, le prix et le rendement, note Thierry Perraudin, de CER France Alliance comtoise. C’est insuffisant. » Pour piloter leur exploitation, les agriculteurs disposent de différents types d’indicateurs.
Indicateurs du quotidien
En croisière, les agriculteurs ont leurs habitudes et leurs repères : quantité de lait dans le tank, hauteur d’herbe dans les parcelles, état des animaux, consommation d’engrais, solde bancaire… Pour les nouveaux installés, des indicateurs sont à créer, avec l’aide éventuelle du cédant et des conseillers.
Indicateurs tactiques
Ces indicateurs sont utiles pour faire évoluer les pratiques. Ils peuvent être liés à des postes de produits (qualité du lait, prix des céréales), de charges (azote par hectare, coût de mécanisation) ou de trésorerie. Dans une conjoncture céréalière difficile, ils sont indispensables pour juger des marges des cultures, ainsi que de la rentabilité globale de l’assolement.
En système laitier, l’alimentation, la mécanisation et la reproduction sont les postes principaux à suivre. « L’âge des femelles au premier vêlage calibre ainsi l’effectif du troupeau à surface équivalente et détermine la surface des bâtiments nécessaire, souligne Thierry Perraudin. Chaque cycle de reproduction loupé retarde de vingt jours le démarrage de la lactation, renchérit le coût d’alimentation de l’animal, allongeant donc le retour sur investissement. En partie subis à cause des aléas sanitaires, les coûts vétérinaires sont variables d’une année à l’autre et donc plus difficiles à maîtriser. »
Indicateurs stratégiques
Indicateur phare, l’EBE sur produit mesure l’efficacité et la rentabilité de la structure. Tout en couvrant les besoins de l’entreprise et des agriculteurs, il doit aussi assurer une marge de sécurité qui permettra le financement de nouveaux projets (prévoir 10 % du montant annuel de l’EBE). « Tous les chiffres ne se valent pas », met en garde Mathilde Schryve, de CER France Bourgogne-Franche-Comté. Un bon indicateur est lisible, clair et évolutif (mis à jour facilement). Adapté au contexte particulier de l’exploitation, il doit permettre des comparaisons avec des exploitations voisines équivalentes.
Un suivi régulier
Il est aussi important de veiller à la cohérence globale du système : une économie de charges sur un poste (engrais, concentrés) peut remettre en cause l’équilibre global de l’exploitation et aller à l’encontre de l’objectif initial (augmenter la productivité par exemple). Suivis régulièrement, les indicateurs devront être adaptés en cours de carrière.
En phase d’installation (lancement du système), l’objectif est de démarrer d’un bon pied sur des bases solides. En phase de transmission, outre les conditions de travail du repreneur (durée de traite, praticité des bâtiments, parcellaire et matériel), le montant de la reprise devra être questionné.
Celui- ci devra se situer raisonnablement, par exemple dans le massif jurassien AOP, entre sept et huit fois l’EBE. Les banques utilisent un repère au litre de lait (2,50 €). Le repreneur doit calibrer ses besoins en prélèvements, remboursement des annuités et fonds de roulement en gardant une marge de sécurité (10 % de l’EBE) pour préserver la trésorerie.
De leur côté, les cédants devront se pencher sur leurs futures ressources : fermages s’ils ont des terres en propriété, placement de capitaux, pension de retraite.
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