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Noix et agneau IGP, un appétissant menu

La majorité de l'exploitation de Mathieu Goudoubert, et ses parents Sylvie et Jean-Claude, se trouve sur les causses du Quercy. Un plateau calcaire magnifique, mais où la terre s’assèche vite.

Dans le Lot, la famille Goudoubert défend l’agneau fermier du Quercy. Au fil du temps et de l’agrandissement de l’exploitation s’y est adjointe la noix, autre production locale.

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Si certains chefs lotois marient avec bonheur la noix et l’agneau fermier du Quercy dans leurs plats, la famille Goudoubert en a fait la recette du succès de son Gaec. Jean-Claude et Sylvie Goudoubert, 65 ans, sont associés sur les terres de leurs ancêtres avec leur fils Mathieu, 43 ans, depuis 2006. Année à partir de laquelle la famille a décidé d’abandonner l’élevage porcin en système naisseur pour se consacrer aux cultures et aux ovins.

« Nous nous sommes concentrés sur l’agneau fermier du Quercy IGP »

« Dès que nous avons trouvé davantage de surfaces, nous nous sommes concentrés sur l’agneau fermier du Quercy IGP (indication géographique protégée) et Label rouge, bien plus rémunérateur », assure Jean-Claude. Sur ces terres pauvres des causses, la valorisation passe par ces signes officiels de qualité. « Nous vendons nos agneaux environ 1,50 € de plus par kilo », explique-t-il.

La famille Goudoubert n’a pas hésité à accroître le troupeau ovin en 2025, pour le faire passer de 820 mères à environ 1 000. La demande est là : « Ce sont des agneaux de qualité, met en avant Jean-Claude. Il n’y a pas de sevrage avant 70 jours, et nous ne leur distribuons ni ensilage ni enrubannage. Aujourd’hui, le gros handicap de la filière, c’est de développer l’élevage, pas de trouver des points de vente. »

L’agneau fermier du Quercy est issu principalement de la race rustique locale, la caussenarde, reconnaissable à ses « lunettes noires ». (©  Christophe Zoia)

Bergerie agrandie et solaire

Pour s’adapter à l’augmentation de son troupeau, le Gaec va agrandir cette année une de ses bergeries, de 720 m² à 1 800 m². « Grâce à une meilleure organisation, nous allons gagner du temps. Nous installerons aussi du photovoltaïque pour une capacité totale de 300 kWc », explique Mathieu. Le tout pour un investissement de quelque 400 000 euros.

Le Gaec a une bonne capacité d’autofinancement, notamment grâce à son autonomie. « Pour les agneaux, nous achetons l’aliment complet, détaille Jean-Claude. Mais pour tout le reste, la ferme est autonome : nous n’achetons pas de céréales, paille ou foin. » Les éleveurs ont investi dans une fabrique à la ferme.

Les associés du Gaec peuvent compter sur leurs prairies, où se trouve le troupeau dix mois par an environ. « En été, dans notre secteur, les prairies sont de vrais paillassons. Donc, notre assurance, c’est d’avoir 80 ha dans la vallée », se félicite Jean-Claude. Les animaux pâturent aussi sur 70 ha en forêt, gérés au sein d’une association foncière pastorale créée il y a neuf ans pour lutter contre la déprise agricole et les incendies.

Les Goudoubert ont investi dans une fabrique à la ferme lorsqu’ils élevaient des porcs. (©  Christophe Zoia)

Partager pour moins investir

Leur modèle économique s’est diversifié au fil du temps grâce à des acquisitions foncières. « Ce n’était pas prévu, mais nous avons désormais plus de 20 hectares de noyers, témoigne Mathieu. C’est un bon complément, sauf quand les arbres souffrent du gel et de la sécheresse, comme ces dernières années. »

Comme pour l’agneau (vendu à Bigard via l’abattoir de Gramat), les noix sont commercialisées en circuit long par la coopérative Limousin- Perigord-Quercy. Pour faciliter la récolte des fruits en octobre, la famille a avancé un de ses trois agnelages au début de septembre. « Nous avons aussi racheté des parts de matériel en copropriété », décrit Jean-Claude.

Une bonne partie des machines de l’exploitation (tracteur, moissonneuse-batteuse, épandeur à fumier) sont exploitées en Cuma, afin de « baisser les investissements ». Mathieu est président de cette coopérative, après l’avoir relancée avec d’anciens coéquipiers du club de rugby. Le quadragénaire prend la suite de son père en s’engageant dans le collectif.

Jean-Claude est, en effet, une figure connue dans l’élevage lotois : président de l’association Agneau fermier du Quercy, ancien président du groupement des éleveurs ovins caussenards, actuel président du comité technique de la Safer du Lot, et adjoint au maire de son village.

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