Chez les producteurs allemands d’asperges, les robots remplacent les saisonniers
Avec la hausse annoncée du salaire minimum, les producteurs d’asperges allemands se tournent vers des robots de récolte, tout juste mis sur le marché. Ils peuvent remplacer jusqu’à dix saisonniers.
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D’ici début 2027, le salaire minimum va passer en deux étapes à 14,60 brut de l’heure en Allemagne. Un niveau jugé trop élevé par le secteur agricole. Pour les producteurs d’asperges, très dépendants de la main-d’œuvre saisonnière d’Europe de l’Est, les robots de récolte, qui arrivent tout juste sur le marché, offrent une solution d’optimisation des coûts.
Une « chance de survie » pour le secteur
Le constructeur néerlandais AVLMotion a déjà écoulé outre-Rhin trois exemplaires de sa machine bleue et grise sur pneus et chenillettes. Longue de six mètres, elle est dotée de bras de coupe guidés par un système de détection optique, utilisant laser et intelligence artificielle. Les asperges blanches, sorties de la butte, sont déposées sur un tapis qui débouche sur les caisses de rangement. Le robot, télécommandé, nécessite un seul opérateur.
« Sur la saison, il peut récolter en moyenne 3 000 tiges à l’heure. Un bon récoltant atteint 300 », souligne Sander Wientjes, directeur commercial d’AVLMotion, rencontré sur le salon spécialisé ExpoSE à Karlsruhe. Avec son produit, il dit offrir « une chance de survie » à un secteur dont les surfaces cultivées ne cessent de baisser d’année en année, malgré l’engouement des consommateurs outre-Rhin. À 350 000 euros pièce, l’investissement est conséquent.
Le fabriquant Lommers, également néerlandais, propose un modèle concurrent pour environ moitié moins cher, avec une autre technique de coupe. Il promet un rendement de 100 kg par heure, cinq à six fois plus qu’un saisonnier. Encore en phase de test, la jeune pousse allemande Prefiro, qui cible la production d’asperges vertes, a fait le choix de modules tractés dotés de bras robotisés. Les trois constructeurs prévoient une adaptation de leur modèle à d’autres cultures comme le brocoli ou encore les fleurs.
Adapter la culture à la machine
« On remplace, en effet, de 7 à 10 saisonniers. L’appareil peut être amorti en dix ans », détaille Lukas Gantefort, dont l’exploitation, dans le nord-ouest du pays, a testé puis acheté le robot d’AVLMotion. L’appareil a toutefois des limites. Il abîme les tiges penchées. Un tiers des plantes ne peuvent être vendues qu’épluchées ou sous forme de têtes d’asperge. Pour le début de saison, la machine, de près de trois mètres, est trop haute pour le mini-tunnel qui protège la butte. « Il faut adapter la longueur des rangs, la hauteur des buttes, les sortes d’asperge à la machine. Il vaut mieux ne pas mettre trop de tiges par mètre et plutôt de grosse taille », préconise Lukas Gantefort.
« L’automatisation va s’imposer »
Le responsable technique d’une grosse exploitation bavaroise glisse une autre difficulté rencontrée lors d’un test avec un autre modèle. Les sols gras de sa région ont perturbé le fonctionnement du robot qui a fini par s’embourber. « L’automatisation va s’imposer », assure néanmoins un exploitant à la tête de 50 hectares, qui n’a pas non plus souhaité donner son nom, venu se renseigner à Karlsruhe. Confronté à l’incompatibilité avec la culture sous tunnel en début de saison, il doit encore calculer si l’investissement « vaut le coup » pour une partie seulement de la récolte.
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