Conserver l’azote en limitant les risques de perte
L’extension « nitrates » de la mallette Mission Ecophyt’eau (une marque déposée) cible les pertes à l’automne, tout en offrant une vision de l’ensemble de la rotation.
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Nouveauté de ce début d’année, le réseau Civam diffuse l’extension « nitrates » de la mallette « Mission Ecophyt’eau ». « Sachant que garder l’azote représente un avantage économique, cet outil met l’accent sur les risques de pertes de nitrate à l’automne et donne une vision à l’échelle de la rotation », explique Elodie Martin Abad, chargée de projet pour les grandes cultures économes au Civam d'Allouville (Seine-Maritime). « Ce support d’échange et de réflexion permet une reconception des systèmes vers des solutions plus autonomes, économes et compatibles avec la préservation de la qualité de l’eau », apprécie-t-elle.
Elaborée avec l’Inrae, il vise à optimiser l’azote présent en mobilisant des leviers agronomiques : succession de cultures, couverts, positionnement des apports d’effluents organiques. Cette extension est disponible à la suite des formations proposées par le réseau Civam démarrant en 2026.
Comparaison à des reliquats entrée hiver
Dans la mallette, des cartes « culture précédente » proposent une estimation du reliquat de la récolte en s’appuyant sur les valeurs standards du Comifer. Des jetons, représentant dix unités d’azote chacun, sont ajoutés en cas de surfertilisation ainsi que pour prendre en compte la minéralisation des résidus de récolte.
Les apports d’engrais organiques et de synthèse ainsi que la minéralisation de l’humus viennent compléter ce stock. À ce total, est soustrait la quantité d'azote captée par la culture d’automne ou le couvert, précisé sur d'autres cartes. La différence obtenue représente la quantité d’azote minéral disponible dans le sol.
Le modèle de Burns (1) est ensuite utilisé pour calculer la part lessivable en fonction de la pluviométrie et de la réserve utile du sol. Cette quantité peut être convertie en mg de nitrates par litres d’eau. Plus qu’un calcul précis, la mallette permet d’identifier les successions dites « à risque » afin de limiter les pertes à l’automne.
Le prototype à l'épreuve du terrain
De 2022 à 2024, les résultats issus du prototype de mallette ont été confrontés aux analyses de reliquats entrée hiver (REH) dans le groupe Dephy du Pays de Bray, en Seine-Maritime. « Le rôle du sol et l’importance d’un raisonnement sur le temps long sont apparus centraux, note Elodie Martin Abad. Ainsi, une même rotation ne présente pas les mêmes risques si une prairie a été détruite récemment ou si les cultures se succèdent depuis longtemps ».
Au-delà, la chargée de projet indique que la méthode permet d’identifier des marges de manœuvre par rapport aux grilles de prévisionnel de fumure. « La mallette et les mesures de REH ont confirmé l’importance de la captation d’azote lorsque les intercultures sont bien développées », ajoute-t-elle. Depuis lors, les polyculteurs-éleveurs du groupe Dephy ont suivi une formation et mis en place des essais de couverts relais ou pâturés et expérimenté des semis avant moisson.
(1) Méthode de calcul, qui porte le nom de son auteur, permettant d’estimer la fraction du reliquat azoté entrée hiver qui sera lessivée par la lame drainante hivernale.
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