« La pratique de la cueillette doit laisser la place à la sécurisation de nos approvisionnements par les contrats », affirme Gilles Gauthier, président de Culture Viande, lors du congrès du syndicat ce mercredi 21 septembre 2022, à Paris.

« Je demande avec force à toutes les entreprises de viandes de s’engager pleinement et au plus vite dans les démarches de contractualisation les plus adaptées à leurs besoins, marchés et contraintes pour sécuriser notre élevage », insiste-t-il.

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Activité d’abattage en baisse

Le président de Culture Viande n’épargne aucune option. « Si c’est de l’intégration, ce sera de l’intégration », tranche-t-il. Car le maillon de l'abattage s’inquiète du « rythme inquiétant » de la décapitalisation du cheptel bovin. « Nous avons perdu 750 000 têtes en six ans : 300 000 dans le cheptel laitier et 450 000 dans le cheptel allaitant », détaille Gilles Gauthier.

En conséquence, les entreprises de l’abattage-découpe accusent une baisse d’activité, « de l’ordre de 6 à 8 % depuis le début de l’année. L’approvisionnement de nos outils risque de ne plus être assuré, ce qui laissera un champ plus large aux importations, qui ont bondi de 25 % sur le premier semestre de 2022. » 

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« S’intéresser à l’engraissement »

Pour Jean-Paul Bigard, président de la commission bovine de Culture Viande, « peu importe de savoir à qui la faute, la décapitalisation bovine est le signe d’une crise qui va s’aggraver, celle de l’indépendance alimentaire ». Et il estime « difficile » pour le maillon de l'abattage d'investir dans « l’étape de la production animale. Nous n’en sommes pas capables ».

Il pointe, lui aussi, l’idée de « faire évoluer la filière » :  « Les filières avicoles sont en intégration, celle des veaux également. En ovins, on observe des difficultés si les industriels ne s’intéressent pas à l’engraissement. Les porcs et les bovins pourraient bien être frappés du même mal ».

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