Des modes d’actions plus variés pour le désherbage électrique
La technique du désherbage par courant électrique continue de se développer avec des applications et des possibilités plus diversifiées.
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Détruire des plantes sans produit chimique et sans travail du sol : un brin utopiste, cette proposition n’en reste pas moins alléchante et le désherbage électrique répond à cela. Portée par la marque Zasso il y a quelques années, cette technologie revient sur le devant de la scène. De nouveaux acteurs se présentent avec des applications mieux adaptées, comme le désherbage en inter-rang, qui redonne un coup de jus à la solution.
L’inter rang, la nouvelle cible
Les machines présentées jusqu’ici travaillaient en plein. C’est le cas de la XP 300 de Zasso. Si la marque est toujours active, elle se concentre aujourd’hui davantage à la viticulture et à l’arboriculture.
Idéale pour détruire un couvert ou une culture, le travail en plein n’est pas fait pour intervenir sur une culture en place. C’est pourtant l’un des principaux enjeux du désherbage en grandes cultures. Plusieurs marques proposent depuis peu, une solution de désherbage électrique qui travaille uniquement sur l’inter-rang, telle une bineuse.
Le néerlandais Andela, importé en France depuis fin 2025 par la société Stecomat, possède dans son catalogue l’Electro Weeder. Cette machine portée, comprend une génératrice et une rampe d’application disponible jusqu’à 6 m de large. La configuration de l’inter-rang est à la carte, alors que la rampe peut être facilement interchangée pour une version adaptée à d’autres tâches.
Cette solution utilise 180 000 volts grâce à une génératrice de 180 kW. Elle nécessite autour de 180 ch. L’importateur français précise « d’un point de vue sécurité, elle est certifiée CE. De plus, une formation sera délivrée avec l’achat de cette machine, dont le prix oscille entre 120 000 et 160 000 €. »
Courant alternatif
De l’autre côté de la Manche aussi, le courant semble passer. L’anglais Garford, spécialisé dans le binage, vient de présenter le Robocrop Eletric Weeder. Cette machine est également prévue pour le désherbage en inter-rang. Elle possède le savoir-faire de Garford avec un guidage par caméra, combiné à une translation hydraulique pour le suivi des rangs.
Le Britannique s’est appuyé sur son compatriote Rootwave pour les compétences en désherbage électrique. Les premiers modèles travaillent sur la largeur d’une planche, (entre 2 et 3 m). Le système désherbant est placé à l’avant du tracteur, quand la génératrice se trouve à l’arrière. Les inter-rangs sont aussi en fonction des demandes.
Pour le moment, Garford annonce une solution développant 60 kW et nécessitant environ 110 ch. Mais cette puissance pourrait évoluer dans le cas d’une machine plus large. La particularité de la technologie Rootwave réside dans l’utilisation d’un courant alternatif en 18 000 hertz.
« Cette fréquence rend le courant non létal, mais il reste toujours dangereux, précise l’importateur français. De plus de nombreux isolateurs sont présents pour limiter la présence de courant dans le châssis. » Le tarif est ici annoncé à 250 000 €.
Plus de débit de chantier
L’une des autres pistes du désherbage électrique est d’augmenter son débit de chantier. Le géant australien NuFarm et la start-up Crop. Zone sont à l’origine du système NuCrop. Il affiche une largeur de travail de 9 ou 12 m, couplée à des puissances respectives annoncées de 110 kW et 140 kW.
De plus, avec le NuCrop, l’opérateur applique une solution saline en amont, destinée à rendre les plantes plus conductrices pour faciliter l’action du courant électrique. Un pulvérisateur porté est donc placé à l’avant du tracteur pour cela. La génératrice et les panneaux applicateurs sont montés à l’arrière.
Cette solution a surtout été présentée sur du défanage de pomme de terre. Crop. Zone travaille également avec John Deere. Ils ont réalisé ensemble une machine sur la base d’un pulvérisateur traîné R 900 de la marque américaine. Ce prototype affiche 24 m de largeur. Les panneaux applicateurs sont montés sur les rampes de pulvérisation, alors que le produit conducteur est appliqué avec les buses de la rampe.
Le désherbage électrique peut aussi reprendre le mode d’action d’une écimeuse. Les électrodes sont alors placées à une hauteur définie. Tout ce qui est supérieur à cette hauteur va être électrocuté. Outre-Atlantique, The Weed Zapper propose cette technique pour intervenir dans le soja. Plus près de chez nous, Andela a également développé un module, compatible avec sa génératrice.
Autonome et sur le rang
Travailler l’inter rang c’est bien, mais sur le rang c’est encore mieux. Pour cela, Andela dispose du Robot Weeder. Ce système automatisé et autonome intègre des caméras, combinées des bras. Grâce à un algorithme et de l’intelligence artificielle, il est capable d’analyser la culture en place et de détecter les adventices dès 1 mm. Ces dernières sont électrocutées grâce aux bras motorisés. La vitesse de travail dépend ici du salissement.
L’alimentation est opérée par des panneaux photovoltaïques. Avec cette solution, le désherbage électrique devient ultra-localisé mais surtout sélectif. Cependant, cette technologie n’est compatible qu’avec quelques plantes, principalement des cultures à haute valeur ajoutée, indispensables pour assumer le tarif de « quelques centaines de milliers d’euros », annoncé par l’importateur.
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