Login

« On va se battre », Macron fixe trois objectifs pour une agriculture « souveraine »

Emmanuel Macron en visite dans une exploitation agricole en Haute-Saône a évoqué trois grands objectifs pour l'agriculture française et européenne.

Il s’agissait d’une visite attendue pour le monde agricole. À quelques jours de l’ouverture du Salon international de l’agriculture (Sia), ce mardi 3 février, Emmanuel Macron s’est rendu dans une exploitation à Vallerois-le-Bois (Haute-Saône), près de Vesoul. Le temps d’une matinée, il a pu échanger avec les agriculteurs et a évoqué trois grands objectifs pour l’agriculture française.

Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.

Trois semaines avant le début du Salon de l’agriculture (Sia), ce mardi 3 février 2026, Emmanuel Macron s’est rendu sur une exploitation agricole en Haute-Saône. Le président de la République a échangé avec les représentants des organisations professionnelles agricoles locales pour évoquer les préoccupations des agriculteurs français. Ce déplacement intervient quelques jours après la visite de Sébastien Lecornu en Eure-et-Loir.

Quelques semaines après le retour de la colère agricole, le président comme l’exécutif tentent de rassurer les agriculteurs. Lors de son déplacement en Haute-Saône, Emmanuel Macron était accompagné d’Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, de deux députés du département et du président du conseil départemental. Vers 10h40, le chef de l’État est arrivé sur l’exploitation de Raphaël et Cédric Py, du Gaec du Printemps à Vallerois-le-Bois.

« Le monde paysan ne va plus bien »

Le président de la République a commencé par s’entretenir avec les deux éleveurs qui l’ont accueilli. Ils lui ont expliqué avoir 200 têtes dont 70 vaches laitières, pour confectionner de la cancoillotte IGP. Ils ont parlé à Emmanuel Macron de l’arrêt brutal de la collecte par Lactalis sur leur territoire ou encore de la baisse du prix du lait.

« Le monde paysan ne va plus bien, vous le savez », lui a lancé un des exploitants. « On va se battre », a rétorqué Emmanuel Macron lors de sa visite. « On se bat mais ce n’est pas facile de ne pas lâcher, lui a répondu l’éleveur. Si on tue l’élevage, il n’y aura plus d’indépendance alimentaire. » Aux alentours de 10h50, le président de la République est entré dans la stabulation de l’exploitation.

Après un petit tour au milieu des vaches, à l’abri des micros, il a échangé pendant près d’une heure avec des représentants agricoles haut-saônois (FDSEA, Jeunes Agriculteurs, Confédération paysanne et Coordination rurale). À l’issue de la table ronde avec les représentants du monde agricole, Emmanuel Macron a énoncé ses priorités pour l’agriculture française et européenne. Pendant une dizaine de minutes, il a rappelé la « période difficile » que traversent les agriculteurs et a promis « d’apporter des réponses » avec le gouvernement.

Trois piliers pour une agriculture « souveraine »

Le chef de l’État a évoqué « trois grands objectifs » pour que l’agriculture française et européenne soit « souveraine » et ait « de l’avenir ». Le premier « ça doit être de produire, ce n’est pas un gros mot de produire », a-t-il plaidé, demandant pour cela de « continuer de simplifier » pour « rendre la vie plus simple à ceux qui produisent ». Emmanuel Macron a dit vouloir « se battre » pour que la politique agricole commune (Pac) de l’Union européenne en cours de négociation soit « à l’euro » près la même que sur la phase précédente. Lors de sa déclaration, le président de la République a aussi assuré qu’il souhaitait investir « filière par filière », au niveau européen, pour éviter de « dépendre » et de « déléguer notre alimentation à d’autres ».

« Le deuxième pilier, ça doit être la préservation », de « notre eau, notre sol, notre biodiversité », a-t-il poursuivi, malgré « les différences de sensibilités » notamment entre les organisations syndicales dont il a rencontré des représentants locaux. « Le troisième pilier, c’est la protection », a-t-il encore dit. « Il faut faire avec notre agriculture exactement ce qu’on a fait ces derniers mois pour notre acier ou pour notre automobile, de la préférence européenne et de la protection, affirme Emmanuel Macron. C’est très simple, quand on a une règle qu’on impose à nos producteurs, il faut l’imposer à ceux qui viennent et dont on importe les biens. »

Emmanuel Macron appelle la Commission à « tenir » ses engagements sur le Mercosur

En décembre et en janvier, le monde paysan en colère s’est mobilisé en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) et de l’abattage imposé aux élevages touchés, mais aussi contre l’accord commercial entre l’Union européenne et les pays du Mercosur. La France a finalement voté contre le traité de libre-échange, sans toutefois parvenir à bloquer le feu vert des Vingt-Sept. Le Parlement européen a ensuite saisi la Cour de justice de l’Union européenne, ce qui suspend le processus de ratification. Questionné sur la possibilité que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, décide d’une application provisoire de l’accord sans attendre ce délai, Emmanuel Macron l’a appelé à « tenir » ses engagements dans l’attente d’un « éclairage » de la justice.

En ce qui concerne, les débats agricoles qui ont lieu en ce moment au Parlement, le président a affirmé qu’il fallait « regarder toujours avec beaucoup de prudence » les initiatives comme celle du sénateur Laurent Duplomb, qui a déposé lundi 2 février une nouvelle proposition de loi visant à autoriser la réintroduction de pesticides interdits en France, quelques mois après le mouvement de protestation contre son premier texte.

Concernant le Sia, Emmanuel Macron a invité les organisateurs à réexaminer l’interdiction des bovins au Salon, porte de Versailles à Paris. « Vu la situation sanitaire, ça peut se regarder », s’est-il exprimé. À trois semaines de l’ouverture de l’édition de 2026, Emmanuel Macron estime qu’il faut évaluer s’il y a des « flexibilités possibles » pour introduire de nouveau les bovins dans le programme de l’évènement.

A découvrir également

Voir la version complète
Gérer mon consentement