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La guerre en Iran fait flamber les prix du pétrole et des grains

Chaque jour, près de 20 millions de barils de pétrole transitent par le détroit d'Ormuz, soit environ 20 % de la consommation mondiale.

Les tensions géopolitiques soutiennent les marchés de l’énergie et entraînent dans leur sillage les matières premières agricoles, notamment les céréales et les oléagineux.

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Le déclenchement du conflit entre l’Iran, Israël et les États-Unis, ravive les tensions sur les marchés de l’énergie et des matières premières agricoles, notamment des céréales et oléagineux. Le Moyen-Orient constitue en effet un carrefour stratégique pour l’approvisionnement mondial. Au cœur de ces inquiétudes figure le détroit d’Ormuz, passage maritime incontournable par lequel transitent chaque jour près de 20 millions de barils de pétrole.

Cela représente environ 20 % de la consommation mondiale de pétrole et du commerce mondial de gaz naturel liquéfié. Ce corridor énergétique concentre aussi une part importante du commerce d’intrants agricoles. Près d’un tiers des flux mondiaux d’engrais y transite. Dans ce contexte, la moindre perturbation logistique ou militaire suffit à alimenter la nervosité des marchés et à provoquer une réaction immédiate des prix.

Les engrais pris dans le cyclone

Les premières réactions sont déjà visibles sur les marchés énergétiques. Le prix du gaz européen a fortement progressé depuis l’ouverture du conflit avec une hausse de 60 % en quelques séances. Cette tension énergétique pourrait rapidement se diffuser à l’ensemble de la chaîne agricole.

Le gaz constitue la principale matière première utilisée pour la fabrication des engrais azotés. Une hausse durable des prix de l’énergie finirait donc mécaniquement par renchérir les coûts de production des fabricants et accentuer les tensions sur un marché des engrais déjà malmené depuis plusieurs mois.

Les cours du pétrole s’enflamment

Les marchés agricoles réagissent également à ce contexte incertain. Les tensions géopolitiques ravivent les craintes des acheteurs internationaux concernant la sécurité de leurs approvisionnements, entraînant des achats de précaution au sein de la filière.

Dans le même temps, les fonds d’investissement ajustent leur exposition au risque en renforçant leurs positions sur les matières premières. Ainsi, les achats de pétrole s’accompagnent souvent, pour partager les risques, de positions longues sur le soja, le blé ou le maïs contribuant ainsi à corréler ces marchés.

Le lien entre énergie et agriculture est d’autant plus marqué que plus de 20 % du maïs mondial est destiné à la production d’éthanol, principalement aux États-Unis et au Brésil.

De la même façon, entre 20 % et jusqu’à 60 % des huiles végétales (soja, palme, colza ou tournesol) trouvent leurs débouchés dans la filière du biodiesel. Une hausse durable des prix de l’énergie pourrait donc stimuler la demande pour ces biocarburants et soutenir la consommation de graines oléagineuses et de céréales.

Dans un contexte géopolitique encore difficile à anticiper en termes de durée et d’ampleur, cette tension énergétique apporte pour l’heure un soutien aux marchés agricoles avec des fondamentaux relégués pour le moment au second plan.

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