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Les prix du blé et du colza se maintiennent

Les cours du blé s'affichent à 191,50 €/t base juillet rendu Rouen, soit un plus haut depuis début novembre. La demande internationale est de retour à court terme.

Les cours des céréales et des oléagineux se maintiennent dans l’ensemble, avec le soutien de la demande internationale, des incertitudes géopolitiques et des risques climatiques sur la nouvelle campagne.

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Les incertitudes géopolitiques et climatiques ainsi que le retour de la demande internationale relèguent la lourdeur des fondamentaux au second plan pour le moment.

Retour de la demande internationale en blé

Les cours du blé ont connu une rare poussée de fièvre sur les marchés à terme d’Euronext et de Chicago en toute fin de semaine dernière. À la manœuvre, les fonds d’investissement qui rachètent leurs positions de ventes à découvert dites « shorts » avant le printemps. Il y a aussi les possibles risques climatiques. Aux États-Unis, c’est le déficit hydrique sur le sud des Grandes Plaines qui est pointé comme menace. En France, c’est au contraire l’excès de précipitations des deux derniers mois qui inquiète.

Mais entre l’arrivée imminente de pluies bénéfiques aux États-Unis et le retour d’un temps plus stable en Europe de l’Ouest, la dynamique haussière s’est estompée depuis. Le marché ne fait pas marche arrière pour autant. Les cours du blé affichent une progression hebdomadaire de 5 €/t à 191,50 €/t base juillet rendu Rouen, soit un plus haut depuis début novembre.

En effet, la demande internationale est de retour à court terme. Après l’Égypte qui a beaucoup acheté la semaine dernière, c’est l’Algérie qui est passée aux achats cette semaine suivie de l’Arabie saoudite. Ces appels d’offres massifs soulignent le raffermissement des prix internationaux, la moindre virulence des blés argentins, déjà forts engagés, et la non-compétitivité des blés australiens peu vendus par les producteurs locaux.

Évalué par Argus Media à 234 $/t Fob, au plus haut depuis fin août, le blé russe est à la fois un support pour le blé français mais aussi une force de rappel l’empêchant de toute velléité haussière individuelle.

Marché stable des orges

Bien qu’habituellement sous l’influence des soubresauts du contrat blé d’Euronext, le marché de l’orge fourragère s’en détache cette semaine. Les cours sont ainsi inchangés sur une semaine à 194 €/t base juillet rendu Rouen.

Ce marché semble devenir de plus en plus étroit. Les vendeurs français sont déjà très fortement engagés compte tenu de la bonne performance relative de cette céréale. Tandis que les acheteurs internationaux de tout le bassin méditerranéen et du Moyen-Orient ont énormément acheté ces derniers mois et pourraient désormais lever le pied dans l’attente de la nouvelle campagne.

Les orges de l’hémisphère Sud ont elles aussi été fortement sollicitées. Après un record d’exportations au mois de janvier 2026 à 900 000 tonnes pour les orges argentines et à 1,119 million de tonnes pour les orges australiennes, un nouveau record est attendu pour le mois de février. Les dernières estimations d’Argus Media tablent sur des expéditions de respectivement 732 000 tonnes et 1,310 million de tonnes sur le mois qui se termine.

La Chine bien présente aux achats ces derniers mois montre désormais des signes d’appétit pour l’été prochain, période sur laquelle son fournisseur numéro Un qu’est l’Australie sera moins présent.

Sur le marché brassicole, le marché reste inerte en ancienne campagne avec un niveau de prix de 188 €/t base juillet Fob Creil en variété type Planet qui correspond à une valorisation en qualité fourragère. Sur la nouvelle campagne, le retour du beau temps en Europe de l’Ouest soulage les quelques inquiétudes des opérateurs quant à d’éventuels retards de semis.

Légère détente sur le marché du colza

Quelques éléments de détente prennent place sur le marché de la graine de colza. Les fonds qui ont fortement acheté depuis début janvier détiennent désormais une position longue proche des records de l’an passé à date. Cette situation expose ainsi le marché à de brusques prises de profit. Côté offre, si le retard des importations de graines dans l’Union européenne reste un soutien indéniable aux cours du colza, quelques flux se mettent en place tant à partir de canola australien qu’à partir de graine de tournesol argentine. Côté demande, la dégradation des marges dans la trituration comme dans l’estérification freine désormais l’appétit des acheteurs. Enfin, le retour du beau temps dissipe quelque peu les inquiétudes concernant les cultures de colza en France pour la nouvelle campagne.

Les cours reculent ainsi de 10 €/t sur la semaine pour s’établir à un niveau de 489 €/t Fob Moselle. Si le marché ne semble pas prêt à dépasser le cap des 500 €/t testé il y a une semaine, il n’en reste pas moins affiché sur des niveaux élevés et toujours au plus haut depuis juin dernier.

L’épuisement rapide des disponibilités restant à vendre chez les producteurs en Europe freine en effet la pression baissière sur les cours. Mais le principal soutien vient d’Amérique du Nord où les cours du canola et de l’huile de soja continuent de progresser de concert. L’enthousiasme est de mise quant aux mandats de biodiesel aux États-Unis qui devraient être publiés par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) d’ici la fin mars.

Enfin, le pétrole demeure un soutien en toile de fond pour le complexe oléagineux comme pour toutes les matières premières. La présence de l’armada américaine autour de l’Iran entretient une prime de risque géopolitique. Le baril navigue entre 65 et 67 $ à New York au plus haut depuis l’été dernier.

Fermeté du complexe soja à Chicago

Le Brésil continue d’avancer dans sa plus grosse récolte de soja historique qui dépassera pour la première fois les 180 millions de tonnes, avec une hausse d’au moins 10 millions de tonnes sur un an. Mais paradoxalement les cours continuent de grimper sur le complexe soja. L’huile de soja détient désormais le titre de la meilleure progression depuis le 1er janvier 2026, au sein de tout le secteur des matières premières avec une hausse de 26,4 % depuis deux mois. Ce marché reste propulsé par l’enthousiasme autour des futurs mandats biodiesel américains qui seront publiés fin mars par l’EPA, l’entité américaine qui régit les biocarburants.

La graine de soja revient quant à elle tester ses plus hauts niveaux de campagne observés en novembre dernier avec les mêmes causes qu’à l’époque : des achats massifs de la part des fonds par suite des annonces de possibles achats supplémentaires de soja américain par la Chine. Ainsi la suspension par la Cour suprême des États-Unis des droits de douane réciproques de l’administration Trump, ne semble pas inquiéter outre mesure les opérateurs quant à la finalisation d’un accord commercial avec la Chine.

Le tourteau de soja se contente de progresser par sympathie, dans l’élan de la graine et de l’huile sur le marché de Chicago. Sa progression est plus marquée en Europe, alors que l’offre en tourteau de colza et de tournesol est actuellement contenue en Europe. Ainsi le tourteau de soja délivré Montoir sur le rapproché gagne 14 €/t sur la semaine pour culminer à 374 €/t et retrouver ainsi ses plus hauts de novembre dernier.

(1) Argus Media, société spécialisée dans le suivi des marchés des matières premières, nous livre son analyse agricole hebdomadaire.
(2) À suivre : conditions sèches sur le sud des Grandes Plaines aux États-Unis ; états des cultures à la sortie d’un hiver très rigoureux en mer Noire ; achat de soja américain par la Chine ; mandats de biodiesel américains ; évolution de la situation diplomatique et des négociations entre l’Iran et les États-Unis.

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