La météo et les stocks plombent les prix mondiaux des céréales
L’absence de risque climatique et une certaine abondance de blé et maïs pèsent sur les prix des céréales, qui évoluent peu ces derniers jours sur les marchés agricoles où la demande est traditionnellement faible à cette période.
Vous devez vous inscrire pour consulter librement tous les articles.
« La tendance baissière des prix des céréales est liée à la profusion de marchandise à disposition », relève Gautier Le Molgat, PDG d’Argus Media France. Les cours des blés et maïs ont clôturé en baisse mardi, de la Bourse de Chicago à Euronext, mais sans mouvement d’ampleur. Mercredi, la tonne de blé s’échangeait autour de 190,75 euros sur l’échéance la plus rapprochée (pour livraison en mars), suivie de près par le maïs à 189,75 euros la tonne.
Du blé indien à exporter
Les cours du maïs restent lestés par une production mondiale portée par les prévisions de récolte exceptionnelle aux États-Unis, alors que celles du Brésil et de l’Argentine s’annoncent aussi très belles.
Du côté du blé, la production mondiale est attendue en nette hausse, de 5 %, pour la campagne de 2025-2026, avec 842 millions de tonnes, selon les données du ministère américain de l’Agriculture.
Les stocks sont importants chez les grands exportateurs de blé. Damien Vercambre, courtier du cabinet Inter-Courtage, évalue à « 20 millions de tonnes » la quantité de blé supplémentaire qu'« il est possible d’exporter d’ici à juin » par rapport à l’an dernier.
À cela s’ajoute l’annonce de l’Inde qui a mis fin à certaines restrictions sur les exportations et annoncé « l’autorisation de l’exportation de 2,5 millions de tonnes de blé », a indiqué Gautier Le Molgat.
Deuxième producteur de blé derrière la Chine, l’Inde consomme l’essentiel de sa production et n’exporte qu’en cas de très belles récoltes ou de stocks suffisants, ce qui est le cas pour cette campagne. L’USDA estime à environ 17 millions de tonnes les stocks en fin de campagne.
Des conditions météo rassurantes
En parallèle, même si une partie du territoire français fait face à des inondations, les inquiétudes climatiques s’éloignent, au moins provisoirement, au niveau mondial.
Des températures plus clémentes sont de retour sur les grandes plaines américaines, une couverture de neige protectrice est en place sur le bassin de la mer Noire et la pluie est bienvenue dans certains pays européens et au Maroc.
Dans ce pays du Maghreb, après sept ans de sécheresse et des récoltes très maigres, certains opérateurs estiment que la production de céréales pourrait pratiquement doubler par rapport à l’an dernier, avec 8 ou 9 millions de tonnes, rapporte Inter-Courtage.
Des arbitrages attendus en faveur du soja
Comme la semaine dernière, le produit qui échappe à la tendance baissière, en dépit de l’énorme production mondiale, est le soja américain, qui a clôturé mardi en hausse, à 11,34 dollars.
« Il y a encore beaucoup d’optimisme quant à la possibilité que la Chine achète davantage de soja américain » dans les prochains mois. Ce qui reste un facteur puissant de soutien des cours, selon Dewey Stricler, d’Ag Watch Market Advisors.
Pour Michael Zuzolo, de Global Commodity Analytics and Consulting, une des principales raisons pour lesquelles le soja se démarque des céréales est que « le marché continue de tabler sur une forte augmentation de la production de biodiesel en 2026 et 2027 ».
Les observateurs du marché américain attendent avec impatience les résultats du forum sur les perspectives agricoles de l’USDA, en fin de semaine, qui devrait donner un premier aperçu des arbitrages entre cultures pour la prochaine saison aux États-Unis.
« Le marché a des attentes très précises et très claires, à savoir un changement d’environ trois, voire quatre millions d’acres (soit 1,2 à 1,6 million d’hectares) du maïs vers le soja », a indiqué Rich Nelson, de la maison de courtage Allendale. Un arbitrage logique au vu des prix nettement plus intéressants du soja, selon les prévisions boursières des prochains mois.
Pour accéder à l'ensembles nos offres :