Les volumes de pommes de terre bio sont au rendez-vous
Après plusieurs campagnes contrastées, les perspectives semblent plus favorables en 2025-2026 pour les pommes de terre bio, avec un marché qui devrait être à l’équilibre.
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La filière des pommes de terre bio sort un peu la tête de l’eau. En 2025, les volumes récoltés, contractualisés en circuit long, atteindraient 55 000 tonnes, soit une hausse de 31 % par rapport à 2024 (42 000 tonnes).
Trois régions produisent plus de 80 % des volumes
« La production revient ainsi à son niveau d’il y a deux ans », note Bertrand Lemaire, président de la commission bio du Centre national interprofessionnel de la pomme de terre (CNIPT).
Trois régions représentent 81 % des volumes de pommes de terre produits en France en agriculture biologique : Bretagne Grand Ouest (30 %, –5 points sur un an), Hauts-de-France (27 %, +6 points) et Centre (24 %, –1 point). 25 % des lots sont proposés en vrac, contre 75 % en format préemballé. Le non-lavé représente 90 % des lots, contre 10 % pour le lavé.
Bons rendements bruts
Cette bonne production s’explique essentiellement par les rendements bruts très corrects, la météo sèche et chaude ayant limité les maladies. L’irrigation a aussi joué un rôle important. Les rendements, 30 t/ha environ contre 25 t/ha en 2024 et 29 t/ha en 2023, progressent dans toutes les régions, notamment dans les Hauts-de-France.
La qualité des tubercules est plutôt bonne. « Nous observons toutefois une germination précoce sur les pommes de terre car la récolte a été réalisée dans des conditions assez chaudes », note Bertrand Lemaire.
Toutefois, selon les opérateurs, si les rendements bruts « sortie de champ » sont bons, le volume commercialisable devrait être beaucoup plus faible, en raison de surcalibres pour les pommes de terre destinées au frais, et d’excès de matière sèche pour celles destinées à l’industrie.
Hausse de 7 % des surfaces
Les surfaces contractualisées en 2025 ont grimpé à 1 710 hectares, soit 6,9 % de plus que l’an dernier. C’est plus qu’en 2023 (1 600 hectares) mais beaucoup moins que 2022 (1 870 hectares) et 2021 (1 950 hectares).
La sole destinée à l’industrie atteint 350 hectares, bondissant de 17 %, tandis que les surfaces en frais (1 360 hectares) augmentent plus légèrement (+6 %). La filière prévoit une baisse de 3 à 4 % en 2026 afin de limiter l’offre et le recul des prix.
Marché correct
Bertrand Lemaire se veut relativement confiant. « Le marché de la pomme de terre bio est plutôt correct, estime-t-il. Nous avons retrouvé des volumes commercialement, avec notamment davantage de demandes dans les enseignes spécialisées comme Biocoop. En revanche, les grandes et moyennes surfaces (GMS) sont en souffrance. »
Les prix sont en recul de 25 % en moyenne par rapport à l’an dernier, du fait de l’abondance de l’offre et des cours en chute libre pour les pommes de terre produites en conventionnel, qui tirent ceux du bio vers le bas. Mais ils baissent moins que d’autres productions bio, comme les oignons par exemple.
Par ailleurs, il manque des petits calibres, inférieurs à 45 mm, alors que le marché est demandeur, même l’industrie. « C’est un axe de développement pour 2026 », conclut Bertrand Lemaire.
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