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En complément d’autres ateliers Se diversifier en produisant des kiwis

La production de kiwis affiche une certaine rentabilité. Elle peut trouver sa place en complément d’autres ateliers sur l’exploitation.

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Le kiwi est une culture à forte valeur ajoutée, dont le produit atteint de 30 000 à plus de 50 000 euros par hectare en moyenne. Cependant, « il est difficile de s’installer sur cette unique production, car aucun fruit n’est commercialisé avant la quatrième année », avertit Patrice Joanchicoy, directeur du groupement de producteurs Garlanpy (Landes). Le groupement implante les deux variétés de kiwi : vert (Hayward) ou jaune (ZespriTMSungold) dans tout le grand Sud-Ouest. Le critère de choix principal sera la disponibilité en temps de l’exploitant.

Investissement

Forte valeur ajoutée

L’investissement de départ est important, entre 60 000  et 100 000 euros par hectare, selon les équipements de protection contre les aléas. L’exploitant pourra faire baisser la facture s’il réalise une partie des travaux lui-même, ou s’il bénéficie de subventions (Région ou programme opérationnel par un groupement de producteurs). Le projet est en général financé sur douze à quinze ans, avec un différé de remboursement du capital de trois ans, laissant le temps aux plants d’entrer en production.

« La conjoncture est plutôt favorable, de nouveaux vergers sont plantés depuis une dizaine d’années, détaille Jean-Louis Sagnes, conseiller arboriculture à la Chambre d’agriculture du Tarn-et-Garonne. Le plus important est que le sol de la parcelle soit adapté. »

Critères de réussite

Importance du sol

Le kiwi est une culture qui demande une certaine technicité. « L’accompagnement est très important, il doit se faire en étroite collaboration avec le technicien », souligne Franck Gilbert, responsable du service technique du Garlanpy. Le sol de la parcelle doit être le plus adapté et le plus sain possible, pour permettre à l’arbre de se défendre contre les attaques de parasites et de bactéries. « Pour un nouveau producteur, nous réalisons systématiquement des analyses de sols et sous-sols, afin de choisir la parcelle la plus adaptée », ajoute l’expert. Elle doit pouvoir être irriguée. Comptez une disponibilité en eau d’au moins 4 000 m3 par an pour l’irrigation estivale et l’aspersion antigel.

 

Fort besoin en main-d’œuvre

Le kiwi jaune a un potentiel de production plus élevé, mais il est plus gourmand en main-d’œuvre. Le Garlanpy estime qu’en pleine production, le temps de travail est de 800 heures sous filet paragrêle et 980 heures sous bâches antipluie. Pour le kiwi vert, il faut compter 700 heures de travail par an sous filet. « Ce sont deux variétés complémentaires en termes de travail, le décalage des tâches entre les deux s’accorde bien », analyse Franck Gilbert.

Les pics de travail se situent au printemps pour l’éclaircissage, et en septembre octobre pour la récolte. Il faut faire appel à des saisonniers. La rentabilité de cette culture permet de financer la main-d’œuvre. « Nos chiffrages tiennent compte du coût de cette dernière, que ce soit celle de l’exploitant ou des salariés », explique Patrice Joanchicoy.

 

Protection contre les aléas

« Aujourd’hui, nous ne plantons plus de vergers sans protection contre les aléas climatiques, ils sont forcément équipés de filets paragrêle, a minima », explique Franck Gilbert. Selon leur localisation, les parcelles pourront également être pourvues de filets brise-vent ou anti-insectes. Les vergers de kiwi jaune peuvent être équipés avec des bâches anti-pluie, qui permettent de lutter contre les bactéries et de réduire les risques en cas de gel. L’investissement de départ est plus élevé (+ 10 000 €/ha) et les bâches doivent être changées tous les six ans. En contrepartie, le verger entre en production un an plus tôt, cette dernière est mieux maîtrisée, donc plus importante. M.S.

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