« La ration complète remplace les râteliers de foin dans la bergerie »
Pour limiter le gaspillage du foin, le Gaec de la Grande Bastide distribue une ration complète à ses brebis. Pour cela, les associés ont construit des râteliers adaptés.
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« À Montjustin dans les Alpes-de-Haute-Provence, nous subissons, comme partout ailleurs, le réchauffement climatique, explique Jérôme Pellegrin, en Gaec avec sa compagne Stéphanie Arbaud et Max Richard (1) à la tête de 2 400 brebis. Les périodes de pluie sont de plus en plus courtes. Nous sommes contraints d’adapter nos pratiques pour produire nos fourrages et les économiser au maximum. » Ainsi en 2022, les associés ont abandonné les râteliers en libre-service pour le foin car ils occasionnaient un gaspillage trop important.
De nouveaux équipements autoconstruits en bois ont désormais pris place dans la bergerie utilisée majoritairement par les brebis au moment de l’agnelage. Ils sont approvisionnés par une mélangeuse de 20 m3 achetée d’occasion. « Avec une ration complète, nous souhaitions aussi apporter une ration correspondant davantage aux besoins des animaux », explique Jérôme. (2).
Distribution tous les deux jours
« Nous avons dû concevoir un râtelier de toutes pièces puisqu’il n’en existait pas dans le commerce, poursuit l'éleveur. J’ai installé un “aileron” dans la trémie pour réguler la descente du fourrage. » Le râtelier mesure 3 m de longueur sur 1 m de largeur et 1,2 m de hauteur. Il nourrit 60 brebis pendant 2 jours. Pour les brebis en lactation, la ration comprend désormais de la paille (150 kg), du foin moyen (260 kg), du sainfoin (280 kg), du foin de regain (260 kg), de la luzerne (300 kg), du tourteau de soja (40 kg), du tourteau de colza (40 kg), du triticale (170 kg), de la mélasse (75 kg) et un complément minéral vitaminé (CMV) (10 kg).
Une mélangeuse de 20 m³ approvisionne 4 à 5 râteliers. Les râteliers sont déplacés avec le valet de ferme sous la goulotte de la mélangeuse installée dans la grange. « Cette nouvelle organisation est beaucoup plus gourmande en temps », précise Jérôme. Mais les associés envisagent déjà des améliorations en investissant dans une nouvelle mélangeuse de 28 m³. « Doubler ou même tripler le nombre de râteliers, nous permettrait de passer respectivement à deux distributions par semaine, voire une seule », calcule-t-il.
L’impact de la ration complète sur les performances ne s’est pas fait attendre, même si tous les résultats n’ont pas été encore analysés. « Les croissances en particulier sous la mère sont meilleures. Ainsi, l’âge moyen à la vente à 91 jours pour les 400 agneaux nés en décembre a diminué d’une dizaine de jours par rapport à 2021 », indique-t-il.
Après le sevrage à 70 jours, les agneaux reçoivent eux aussi un mash comprenant de la luzerne, de la mélasse, du CMV, du tourteau de soja, du tourteau de colza et de l’orge. « Il est disposé à côté du nourrisseur d’aliment fermier comprenant 50 % de céréales produites sur la ferme et 50 % d’un complémentaire à 24 % de protéines du commerce, indique l’exploitant. Les poids ne sont pas contrôlés, mais les problèmes d’acidose ont disparu. La quantité d’aliment acheté a nettement baissé », se réjouit-il.
(1) Les trois associés recevaient le 3 mai 2023, 90 représentants de 7 pays réunis pour le séminaire de clôture EuroSheep.
(2) A l’époque du libre-service « foin », les mères sortaient tous les jours devant la bergerie pour recevoir les concentrés.
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