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Des rendements de méteil mesurés, mais de bonnes performances pour les taurillons

Les taurillons nourris avec du méteil grains ont enregistré les mêmes performances qu'avec une ration sèche à base de blé, d'orge et de tourteau de colza.

Les taurillons nourris avec du méteil grain à la ferme expérimentale des Bordes d’Arvalis dans l’Indre, enregistrent des croissances similaires à celles des animaux alimentés avec un mélange de matières premières (orge, blé et tourteau de colza), ou avec un aliment du commerce.

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« Les performances d’engraissement des taurillons avec un méteil grain sont bonnes, assure Antoine Buteau, de la ferme expérimentale des Bordes, dans l’Indre. Elles sont comparables à celles enregistrées par des taurillons nourris avec une ration à base de blé tendre et d’orge mélangés à du tourteau de colza, ou même avec un aliment du commerce. »

Cette étude, conduite dans le cadre du projet Circul’R, piloté par l’Inrae, englobait aussi une phase de production du mélange de graines (oléoprotéagineuses et céréales) sur le site.

Des écarts de rendement importants d’une année sur l’autre

Si les proportions semées lors des deux automnes successifs (2022 et 2023) étaient identiques (voir le tableau), des écarts importants étaient enregistrés à la récolte au mois de juillet suivant. « La première année, nous avons comptabilisé 40 % de protéagineux, 65 % la deuxième », ajoute Antoine Buteau.

Les conditions de la deuxième année ont favorisé le développement de la féverole, qui correspond à 62 % des graines à la récolte. Les pois en revanche ont eu du mal à trouver une place car ils ne représentent que 3 % des graines.

La composition du mélange était toutefois satisfaisante lors des deux campagnes d’essais, avec des teneurs en matière azotée totale (MAT) s’affichant à 19 % en 2023 et à 24 % en 2024.

L’énergie était quasiment stable : 0,95 UFV/kg brut la première année et 0,97 UFV/kg brut la seconde. Le niveau des PDIE, à 79 g et 80 g/kg brut, au cours des deux essais était plus décevant. Il ne permet pas d’atteindre le ratio 100 g de PDI/UFV qui offre un compromis équilibré pour l’engraissement.

Un rendement de 30 q/ha

Le rendement, autour de 30 q/ha lors des deux essais, était lui aussi décevant. Autre difficulté observée pour ces méteils, « c’est le décalage du stade de maturité des différentes espèces à la récolte », indique Thierry Foussier de la ferme expérimentale.

La féverole en avril 2023 dominait dans le mélange de la ferme des Bordes. (©  Marie-France Malterre/GFA)

« Quand on a un triticale mûr et sec, on a déjà perdu des féveroles, souligne-t-il. Et on a perdu potentiellement des pois. La régularité de la composition varie en fonction des conditions météo de l’année, plus ou moins favorables à certaines espèces.

Distribué à volonté aux jeunes bovins

Après aplatissage, le méteil était distribué à volonté à des jeunes bovins (jeune bovin) limousins après une phase de transition. En complément, ils recevaient la paille du méteil grain cultivé et un complément minéral vitaminé (CMV). Ce régime était comparé à une ration sèche composée de blé tendre (42 %), d’orge (28 %), de tourteaux de colza (17 %), de paille de blé (11 %) et de CMV (2 %).

Bien que le risque acidogène soit présent avec ce type de ration, il était marqué avec le méteil car la teneur en amidon de la ration était un peu plus faible avec 437 g/kg de MS, contre 492 g/kg de MS pour la ration « matières premières ».

La teneur en cellulose brute plus importante pour le méteil, 115 g/kg de MS contre 94 g/kg de MS, limite aussi les troubles digestifs. Aucun lot n’a toutefois enregistré de problèmes. Le robot s’est occupé de la distribution deux fois par jour. Pendant la phase de transition (un mois), la ration était augmentée de 500 g tous les deux ou trois jours.

Le gain moyen quotidien (GMQ) de chacun des lots de novembre à la fin d'avril était rigoureusement comparable, autour de 1 850 g par jour et par animal. Les résultats d’abattages étaient également identiques. Un troisième lot nourri avec un concentré du commerce a enregistré les mêmes performances d’engraissement.

Économiquement en revanche, ce granulé du commerce est revenu à 3,93 €/j et par jeune bovin pour la saison 2023-2024. Le méteil grain est le moins coûteux selon les calculs de la ferme expérimentale, qui englobent les charges de semences, de fertilisation de traitement et de mécanisation. Le coût quotidien s’affiche à 2,33 €/j et par jeune bovin, soit 17 centimes de moins que la ration « matières premières ». Si le méteil est moins gourmand en intrants et répond au cahier des charges de l’agriculture biologique, ses rendements modestes peuvent réduire son intérêt en fonction du potentiel de rendement de la parcelle.

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