Plus de 4 € de marge sur coût alimentaire gagnés en deux ans avec nos vaches laitières
L’optimisation de la ration des vaches laitières a permis à la SCEA Bossuyt d’accroître la matière utile de 184 kg de 2022 à 2025.
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À Calleville, dans l’Eure, l’alimentation des vaches laitières de la SCEA Bossuyt a été décortiquée le 26 novembre 2025 à l’occasion de la journée technique organisée par Terrena. Depuis 2022, l’optimisation de l’alimentation a été au cœur de la stratégie de l’exploitation.
L’étable a ainsi atteint 884 kg de matière utile (1) par vache et par jour en 2025 avec un gain de 4,10 euros de marge sur coût alimentaire depuis 2023.
Exploitant 240 hectares, la SCEA Bossuyt livre 920 000 litres de lait produits par les 70 vaches de race prim’holstein.
« Nous cherchons à maximiser la productivité fourragère dans le but d’en limiter la surface et ainsi préserver les cultures de vente, dont des pommes de terre, de la betterave et du lin, explique Louis Bossuyt, un des quatre associés. Nous veillons aussi à optimiser le temps libre de notre robot. »
8 à 9 % de fibres non digestibles
Dans ce système sans pâturage, la ration est composée d’ensilage de maïs et de méteil issu d’un mélange de 40 % de seigle, 40 % de vesce et 20 % de trèfle incarnat.
Afin d’évaluer l’efficacité de la ration, Franck Gaudin, nutritionniste américain spécialiste des vaches laitières, recommande d’évaluer la qualité de lait corrigé (2) produite par kilo de matière sèche ingérée.
S’établissant à 1,25 en 2023 à l’EARL Bossuyt, ce ratio atteint 1,53 aujourd’hui. Le nutritionniste attire également l’attention sur la digestibilité des fibres : « Il faut 8 à 9 % de fibres non digestibles, ou uNDF. »
Tarissement et préparation au vêlage
En quatre ans, les éleveurs de Calleville ont fait évoluer l’alimentation en quatre étapes. Louis Bossuyt souligne : « En optant en 2022 pour l’ensilage du méteil en remplacement de l’enrubannage, nous avons obtenu des rations plus homogènes, lesquelles sont moins triées par les animaux. »
Les éleveurs ont ensuite porté leur attention sur le tarissement et la préparation au vêlage, avec un suivi des pH urinaires pour atteindre un Baca (bilan alimentaire cation-anion) entre –100 et –150 et le hachage de la paille distribuée.
Ils notent un meilleur démarrage des laitières et une réduction des problèmes physiologiques autour du vêlage. « Un bon tarissement favorise également un retour en chaleur rapide », apprécie Louis Bossuyt, qui réalise les inséminations. Ici, l’intervalle vêlage-vêlage s’établit à 371 jours.
Une marge de 11 €/1 000 litres
La troisième étape a été franchie en 2024 avec la concentration de la ration, le rééquilibrage des amidons ruminaux et intestinaux et l’introduction de levures. « Nous analysons désormais le silo tous les deux mois », indique Louis Bossuyt.
En 2025, l’EARL Bossuyt a mis l’accent sur les profils d’acides gras. Fruit de ces améliorations, la marge sur coût alimentaire s’établit désormais à 11 euros les 1 000 litres, soit une progression de 4,10 euros en deux ans pour une production moyenne de 36,2 litres par vache.
(1) Calculée en multipliant le taux protéique (TP) et le taux butyrique (TB) par le volume de lait. (2) Lait à 38 de TB et 32 de TB.
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