La consommation bio repart
Préoccupés par leur santé et leur environnement, les consommateurs français sont revenus à la bio. Toutefois, des freins sur le prix et l’authenticité du label persistent.
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L’Agence bio a dévoilé son baromètre annuel de la consommation et de la perception des produits biologiques, à l’occasion du Salon international de l’agriculture, le 26 février 2026. Ce baromètre repose sur une enquête menée à la fin de l’année 2025 auprès de 6 127 individus, représentatifs de la France métropolitaine.
Hausse pour toutes les catégories sociales
En 2025, 59 % des Français déclarent consommer bio au moins une fois par mois, et 35 % au moins une fois par semaine. Cette hausse concerne toutes les catégories de population (âge, niveau de vie, catégorie socioprofessionnelle).
Toutefois, la reprise de la consommation hebdomadaire est particulièrement forte chez les 35-44 ans (+ 10 points en un an). À noter également, les foyers dont les revenus sont inférieurs à 1 000 € par unité de consommation ont augmenté leur consommation hebdomadaire en produits bio de 7 points. « Cela peut s’expliquer par une meilleure accessibilité prix », analyse Bruno Martel, le nouveau président de l’Agence bio.
Intérêts pour la santé et environnement
Quelque 36 % des Français jugent avoir été contraints de se restreindre sur leurs dépenses alimentaires pour un motif financier. Même si cela représente 8 points de moins qu’en 2023, le prix reste encore le premier frein à la consommation en bio.
Chez les consommateurs mensuels de produits bio, la santé et l’environnement sont les deux raisons qui les incitent à se tourner vers le label AB. Les Français sont d’ailleurs 74 % à penser que les produits biologiques sont meilleurs pour la santé. Paradoxalement, 47 % des consommateurs de bio disent ne pas en consommer davantage car ils ont des doutes sur l’authenticité du label.
Des doutes sur le label bio
Leurs inquiétudes portent notamment sur l’origine et la traçabilité des produits, les différences de normes entre pays ou encore la notion de production industrielle et biologique.
53 % des Français estiment à tort que la plupart des produits bio vendus en France ne sont pas produits en France. « 71 % de l’offre bio française est produite en France, rappelle Bruno Martel. En excluant les produits exotiques, c’est même 64 % de l’offre ».
Alors que le cahier des charges européen est commun à l’ensemble des pays de l’UE, 28 % des Français pensent que les produits bio français sont mieux contrôlés que les produits bio importés.
Concurrence avec le local
Outre ces idées reçues, la bio se heurte à la concurrence des produits locaux. L’an dernier, 59 % des Français ont déclaré acheter plus de produits locaux et en circuit court. Une augmentation moins marquée pour la bio, où seulement 38 % des consommateurs ont déclaré acheter davantage de produits labellisés AB.
Ce choix du local est motivé par la volonté de valoriser nos patrimoines régionaux, de soutenir les petites exploitations et l’autonomie alimentaire française. « Presque 40 % des producteurs bio font de la vente directe, insiste le président de l’Agence bio. Local et bio, existe ! »
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