Lors d’une conférence de presse le 1er juin 2021, l’eurodéputé Éric Andrieu (Socialistes et Démocrates) a réagi après l’échec des négociations de la Pac le 28 mai dernier à Bruxelles.

S’il a toujours été critique sur le manque d’ambition du projet de réforme de la Commission européenne, il a également dénoncé une perte de la vision commune de la Pac et une dérive de « renationalisation » par les États membres, victimes peut-être d’un certain « électoralisme ».

Le Conseil est-il un partenaire ?

« Je m’interroge si, avec le Conseil, on est partenaire ou adversaire », a-t-il lâché, devant les difficultés à avancer sur l’architecture verte de la Pac notamment, citant les divergences entre colégislateurs sur les écorégimes et les BCAE (bonnes conditions agri-environnementales). Si l’Union européenne a bien les ambitions environnementales qu’elle a inscrites dans le pacte vert, alors la Pac doit contribuer à les mettre en œuvre, a-t-il insisté.

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Les points de blocage sur le règlement OCM

En tant que rapporteur sur la Pac pour sa partie OCM (organisation commune des marchés), un des trois règlements de la future Pac, Éric Andrieu s’est réjoui que la plupart des propositions du Parlement pour la régulation des marchés aient été adoptées. Mais il reste encore deux gros points de blocages :

  • La fin des tolérances à l’importation des produits dépassant les limites de résidus de pesticides en Europe (article 188 bis) ;
  • La possibilité pour les organisations interprofessionnelles de donner des orientations sur la répartition de la valeur entre les différents secteurs (producteurs, transformateurs et commerce).

Deux autres amendements sont aussi à négocier, l’un pour intégrer le sucre dans les domaines d’intervention, et l’autre sur la revente à perte dans le volet commercial.

Des importations sous conditions de résidus de pesticides

Éric Andrieu est longuement revenu sur son cheval de bataille depuis 2018 : imposer aux importations en provenance de pays tiers le respect des normes européennes pour les limites maximales de résidus de pesticides ayant un impact sur l’environnement.

En bref, que les règles qui s’appliquent aux producteurs européens s’appliquent aussi aux produits importés. « C’est déjà le cas pour les pesticides qui traitent de la santé humaine, où les exigences pour les produits importés respectent les normes européennes », a-t-il expliqué.

L’enjeu maintenant est de poser les mêmes règles aux importations pour les pesticides ayant un impact sur l’environnement et biodiversité. « On parle de la valeur intrinsèque du produit, et non du mode de production. Donc, c’est compatible avec règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) », a insisté le député qui ne comprend pas l’actuelle opposition de la Commission et du Conseil. Sauf à soupçonner une pression de la part des multinationales productrices de phytosanitaires, a-t-il lancé.

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Sophie Bergot