À quelques jours d’un « supertrilogue » de négociations sur la réforme de la Pac à Bruxelles, entre le Conseil, la Commission et le Parlement européens, les députés français ont auditionné trois eurodéputés, ce mercredi 19 mai 2021.

Des compromis et des points de blocage

Si des compromis semblent avoir été trouvés par les États sur certains points depuis le début de l’année, il reste encore des points de blocage. « Il y a des compromis sur la table, mais il faut se méfier les prochains trilogues vont nous donner le ton », estime Jérémy Decerle (Renew).

L’ancien président de Jeunes Agriculteurs se félicite des avancées sur les soutiens pour les jeunes agriculteurs et la définition de l’actif agricole mais alerte sur l’aide couplée qui « est difficile à défendre », « elle est remise en cause par certains pays », explique-t-il. Il estime par ailleurs qu’il faut « se servir intelligemment » des écorégimes pour « donner envie aux agriculteurs de continuer la transition déjà entamée ».

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Lier écologie, économie et conditionnalité sociale

Pour l’eurodéputée Anne Sander, le contexte est difficile car « on va demander à la Pac de faire plus mais avec moins de moyens ». « La durabilité environnementale doit impérativement être associée à la durabilité économique, je regrette que cette évidence soit parfois oubliée dans les débats », ajoute l’eurodéputée du parti populaire européen (PPE).

Pour Éric Andrieu (socialistes et démocrates), il faut également introduire une conditionnalité sociale au même titre que la conditionnalité écologique. « On peut espérer que cet élément avance dans le supertrilogue », a-t-il confié. Mais l’eurodéputé estime pour sa part que cette Pac n’est pas celle-ci qui va révolutionner l’agriculture et que « cette réforme n’est pas à la hauteur des enjeux ».

Il a rappelé le calendrier contraint. La réforme entrera en vigueur en 2023, sera révisée à mi-parcours en 2025 et close en 2027. Elle risque en effet de n’être en vigueur que pour un temps court de cinq ans.

Et au niveau français ?

« Aujourd’hui nous sommes dans la phase finale du plan stratégique national », a estimé Julien Denormandie, lors de la conclusion des débats organisés par les députés de la commission économique de l’Assemblée nationale, alors même que les négociations au niveau européen ne sont pas terminées.

Un conseil supérieur d’orientation (CSO) est annoncé pour ce vendredi 21 mai, au cours duquel le ministre donnera « les premiers arbitrages » concernant les aides du premier pilier. Le chantier sur celles du second pilier (développement rural) est pour sa part moins avancé.

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Marie Salset