1. Sécheresse en Amérique et Mer Noire

    En Amérique du Nord, une sécheresse généralisée devrait persister dans les prochains jours, et être défavorable aux blés de printemps. « Au 6 juin 2021, 43 % des parcelles sont considérées en état bon à excellent, contre 82 % l’an dernier à date. C’est le plus bas niveau depuis 1988, informe Marc Zribi, chef de l’unité Grains et sucre de FranceAgriMer. À l’inverse, des précipitations importantes sont attendues dans les prairies canadiennes et la majeure partie de la Corn belt, ce qui devrait être favorable aux cultures. »

    En Amérique du Sud, la situation est plus délicate. « La saison sèche a commencé, et le Brésil connaît par ailleurs une sécheresse d’ampleur historique, avec des précipitations cumulées depuis le début de l’année au plus bas depuis cinq ans, poursuit-il. La situation est extrêmement préoccupante pour la deuxième récolte de maïs, avec des prévisions régulièrement revues en baisse. »

    En Mer Noire, les fortes chaleurs entraînent des inquiétudes croissantes pour les blés de printemps russes et kazakhs.

  2. Hausse des cours mondiaux de blé tendre

    « Au début du printemps, on avait observé une baisse des cours des principales origines, en raison des premières perspectives sur les nouvelles récoltes, rappelle Marc Zribi. Les conditions climatiques moins favorables en avril et les inquiétudes ont pris le pas, ce qui s’est traduit par des hausses de cours. »

    À noter que l’Arabie Saoudite revient aux achats avec 562 000 tonnes de blé meunier, tandis que la Tunisie a annulé un appel d’offres de 92 000 tonnes en raison de prix trop élevés.

  3. Taxes russes à l’exportation de céréales

    En Russie, les taxes à l’exportation de céréales sont mises à jour chaque semaine à partir du 2 juin 2021. « Pour la période du 9 au 15 juin 2021, elle a été fixée à 29,40 $/t pour le blé, ajoute Marc Zribi. Selon la vice-Première ministre, Victoria Abramchenko, les taxes resteront en place tant que la demande sera forte. »

    En orge, la taxe est fixée à 39,6 $/t pour la période du 9 au 15 juin 2021.

  4. L’Australie attaque la Chine auprès de l’OMC

    Le conflit sur les droits de douane anti-dumping mis en place par la Chine à l’encontre des orges australiennes se poursuit. La taxation a mis un coup d’arrêt aux exportations australiennes vers la Chine. « Cette mesure a été attaquée par l’Australie auprès de l’Organisation mondiale du commerce qui va créer un groupe spécial pour le règlement du différend, précise Marc Zribi. La Chine se dit prête à traiter le problème conformément aux règles de l’OMC. »

  5. L’Ukraine très présente en Chine

    Les exportations d’orges de l’Ukraine vers la Chine sont en forte progression, à 2,9 Mt fin mai 2021, contre 0,9 million de tonnes (Mt) l’an passé à la même date.

    L’Ukraine a de plus presque doublé ses exportations de maïs vers la Chine, à 7,96 Mt à fin mai 2021, contre 4,27 Mt l’an dernier.

  6. Le Mexique veut interdire le maïs OGM

    Le Mexique, second acheteur mondial de maïs après la Chine, envisage d’interdire d’ici 2024 le maïs OGM et le glyphosate. « Cette décision est en discussion sur le plan judiciaire, informe Marc Zribi. Si l’interdiction était mise en place, elle bouleverserait considérablement le commerce de céréales entre les États-Unis et le Mexique : en moyenne, ils exportent près de 16 Mt de maïs OGM vers le Mexique chaque année. »

  7. L’Argentine alerte sur la baisse des eaux

    Le gouvernement argentin a publié une alerte sur les basses eaux du fleuve Parana pour la période de juin à septembre, et leur possible impact sur les expéditions de produits agricoles au départ de l’Argentine.

  8. L’Union européenne traversée par des épisodes de froids

    L’Union européenne a été marquée par des épisodes de froid au mois d’avril, « qui figure parmi les plus froids de ces dernières années en Europe centrale », indique Paul Le Bideau, chargé d’études économiques au sein de l’unité grains et sucre de FranceAgriMer. Les récoltes européennes risquent d’être retardées.

    Des excédents de pluie ont été bénéfiques à l’est de l’Europe, hormis « quelques dommages en Pologne sur les betteraves à sucre », complète-il. « Les conditions de cultures en Europe sont plutôt bonnes, tout comme les perspectives de récolte. »

  9. Les exportations européennes de blé tendre en retrait

    « Au 7 juin 2021, les exportations de blé tendre sont en retrait de 26 % sur un an, à 25,1 Mt, affirme Paul Le Bideau. Elles sont inférieures aux prévisions de l’USDA (ministère américain de l’Agriculture, ndlr), estimées à 30 Mt. »

    Les importations européennes de blé dur (grain et semoule) sont, elles, supérieures de 30 % sur un an, à 2,6 Mt, en provenance du Canada à hauteur de 70 %, et des États-Unis à 15 %.

    Les importations de maïs ralentissent, en retrait de 28 % sur un an, à 13,6 Mt.

  10. La Chine absente aux achats de blé français

    « Les exportations de blé français vers les pays tiers restent inchangée d’un mois à l’autre, à 7,55 Mt, indique Marion Duval, adjointe au chef de l’unité Grains et sucre de FranceAgriMer. A noter que sur les derniers mois de campagne, la Chine est absente, et l’Algérie constitue le principal client. »

    Les exportations vers l’Union européenne sont en revanche en hausse de 190 000 tonnes, à 5,88 Mt. « Ce poste avait été revu à la baisse il y a quelques mois, en raison de la bonne compétitivité des blés allemands vers le Nord Communautaire. On constate aujourd'hui un flux qui se maintient vers ce Nord Communautaire avec des opérateurs mal couverts qui ont besoin de grains, et se tournent vers le blé français. »

    Justine Papin
Votre analyse quotidienne du marché - Céréales

Le blé poursuit sa dynamique de hausse sur Euronext

Le prix du blé était encore en légère hausse le vendredi 24 septembre 2021 après-midi sur le marché européen, après avoir cassé un seuil technique à la hausse, sur fond de demande internationale soutenue.