À la fin de mai, trois jours d’intenses discussions avaient tourné au dialogue de sourds : une nouvelle proposition des ministres européens pour la réforme de la Pac avait été jugée par les eurodéputés trop éloignée de leurs revendications environnementales et sociales, tandis que les États dénonçaient l’intransigeance supposée des parlementaires.

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« Déterminés à trouver un accord politique »

« Depuis, nous avons accompli des avancées considérables vers un point d’équilibre », a indiqué ce jeudi 24 juin 2021 la ministre portugaise Maria do Céu Antunes, dont le pays occupe la présidence de l’Union européenne jusqu’à la fin de juin. « Nous restons déterminés à trouver un accord politique » lors de ces nouveaux pourparlers prévus jusqu’à vendredi.

Les négociations ont repris ce jeudi en début d’après-midi, l’objectif étant de parvenir à un terrain d’entente avant une réunion des ministres européens de l’Agriculture lundi et mardi au Luxembourg.

Les Vingt-Sept avaient approuvé en octobre 2020 la réforme de la politique agricole commune, avec un budget de 387 milliards d’euros pour sept ans, dont 270 milliards d’aides directes aux agriculteurs, mais ils doivent impérativement s’entendre avec le Parlement européen.

Les écorégimes au cœur des débats

« Tout le monde s’accorde à dire que c’est vraiment la dernière ligne droite, sinon ça déraille sérieusement », confiait mercredi Pascal Canfin, président (Renew, libéraux) de la commission de l’environnement au Parlement. Le dossier clé reste celui des « écorégimes », outil phare de la nouvelle Pac.

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Les eurodéputés réclamaient initialement qu’ils représentent au moins 30 % des paiements directs aux agriculteurs. Les États se sont dits prêts à accepter un seuil de 25 %, mais avec une période de transition de deux ans durant laquelle ils pourraient réallouer à leur guise les fonds non utilisés sur ce pourcentage, ce à quoi les parlementaires sont farouchement opposés.

Parmi les autres points d’achoppement : le pourcentage de terres non-cultivées pour préserver la biodiversité, l’exigence de rotation des cultures, les mécanismes de redistribution au profit des petits agriculteurs ou le conditionnement des versements au respect de normes sociales protégeant les travailleurs.

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Imposer la réciprocité des normes

Enfin, les parlementaires veulent durcir les contrôles sur l’importation de produits agricoles, pour notamment prendre en compte les conditions de production ou bannir les produits présentant des traces de pesticides interdits dans l’Union européenne.

Les États s’inquiètent, quant à eux, de contrevenir aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). « C’est un point très délicat » en raison des lignes rouges imposées par les Vingt-Sept, souligne une source diplomatique.

AFP