« Quand la consommation n’évolue pas au même rythme que la production, il est évident qu’à un moment donné, cela pèse sur les prix », observait la FRSEA des Pays de Loire, dans un communiqué publié le 1er septembre dernier. Le 8 septembre 2021, Jeunes Agriculteurs (JA) du Grand Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie) dépeignait un « un cruel manque de vision et d’anticipation, voire d’amateurisme ».

Le syndicat visait en particulier la coopérative Sodiaal, qui avait annoncé quelques semaines plus tôt une révision à la baisse de son prix du lait bio. Il se dit « très inquiet à la fois pour les jeunes installés et pour tous les porteurs de projets qui ont prévu de s’engager en système biologique. » « Pour les éleveurs, 100 % de leur volume est produit avec les coûts de production bio, ils n’ont pas de marge de manœuvre », appuie JA du Grand Ouest.

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« Fragilité » entre offre et demande

Lors d’une conférence de presse le 7 septembre 2021, Damien Lacombe, président de la Coopération laitière, a admis l’existence d’un « vrai sujet sur la fragilité de l’équilibre entre l’offre et la demande dans la filière du lait bio. » « Les coopératives ont procédé aux conversions de manière prudente, en accord avec le marché. Nous appelons l’ensemble des opérateurs à faire de même », a-t-il insisté.

Pour celui qui est aussi le président de Sodiaal, « il faut miser sur la maîtrise des volumes. 240 millions de litres de lait supplémentaires vont affluer sur les dix-huit prochains mois, à la faveur des conversions. […] On devrait atteindre 1,35 milliard de litres collectés d’ici à la fin d’octobre, soit une hausse de 24 % par rapport 2020 ». Damien Lacombe a également renvoyé la balle aux pouvoirs publics, les enjoignant d’être « prudents dans leurs ambitions ».

« Disposer d’indicateurs fiables »

Mais la FRSEA des Pays de la Loire ne l’entend pas de cette oreille. « Le délai de conversion en agriculture biologique est de deux ans. Il devrait permettre aux entreprises d’anticiper la création de valeur ajoutée et de trouver les débouchés par rapport aux volumes convertis », estime le syndicat.

De son côté, Jeunes Agriculteurs Grand Ouest met également en garde le ministère de l’Agriculture. : « Les récentes annonces concernant l’ambition bio de la France dans la future Pac doivent être mises en corrélation avec le marché, prévient le syndicat. Pour cela, il est urgent de disposer d’indicateurs fiables et pertinents sur la filière laitière bio. »

Vincent Guyot et Alexandra Courty