« Un prix du porc insupportable ! » C’est la situation que dénonce François Valy, président de la Fédération nationale porcine (FNP), dans un communiqué de presse publié le mardi 17 février 2026. En huit mois, le prix de base du porc français a chuté de 25 %, soit une baisse de 0,47 €/kg, et de 10,6 % sur un an. Pendant ce temps, le coût de production reste stable. Le prix actuel est inférieur de 0,24 €/kg au « prix objectif » fixé par l’indicateur Inaporc, entraînant une perte de 24 € par porc vendu selon les calculs de la FNP.
Le syndicat estime qu’un élevage français, employant quatre personnes à plein temps et investissant dans les maternités bien-être et l’alimentation, se voit aujourd’hui rémunéré à 1,57 €/kg, contre un coût de production de 1,87 €/kg. Même avec de bons résultats techniques, cela représente une perte de 5 000 € par semaine.
Un marché déstabilisé par la Chine et l’Espagne
Les taxes imposées par les autorités chinoises ont fragilisé le marché français. Les droits de douane provisoires ont atteint jusqu’à 62,4 % dans certains cas, pour une moyenne de 20 % au 10 septembre 2025. Fixées à 9,8 % au 17 décembre 2025, ces taxes ont entraîné une baisse du prix du porc de 29 centimes, souligne l’interprofession Inaporc.
Parallèlement, la peste porcine africaine (PPA), apparue en Espagne à la fin de 2025, a provoqué la fermeture des exportations vers les marchés extra-européens. Conséquence : un afflux de viande et de charcuterie espagnoles sur le marché européen est venu nourrir la baisse des prix.
Pour François Valy, « les taxes de la Chine et la PPA en Catalogne ne sont pas une excuse, l’aval de la filière porte une lourde responsabilité ». Dans un contexte où la production recule tandis que la consommation progresse, « il n’y a aucune raison que le prix reste aussi bas », insiste-t-il.
La FNP exige donc que les abatteurs, transformateurs et moyennes et grandes surfaces « se ressaisissent » et privilégient le porc français à un « prix rémunérateur pour l’éleveur. Sinon, tous les beaux discours des salons et conférences sur la souveraineté alimentaire ne sont que du vent », lance François Valy.