Aujourd'hui, un nombre important d’exploitations s’orientent désormais vers de nouveaux domaines d’activité (diversification, services, etc.). Une étude publiée par le Centre d’études et de prospective (CEP) du ministère de l’Agriculture s’est attachée à classifier les exploitations agricoles métropolitaines en fonction de leur stratégie de valorisation de leurs activités. Le travail est fondé sur les données de 325 000 exploitations issues du recensement agricole de 2020.
Les auteurs ont identifié huit profils d’exploitation rattachés à quatre pôles :
- Les petits entrepreneurs néoruraux tournés complètement vers les circuits courts, la bio et la transformation. Ils représentent près de 10 % des exploitations.
- L’agriculture de firme avec des montages multisociétés complexes pilotés par des exploitations plus grandes, avec du salariat, engagées dans des logiques de valorisation. Elle rassemble 9 % des exploitations.
- Les exploitations céréalières ou porcines de grande taille qui produisent en conventionnel et proposent des services agricoles qui comptent pour 9 % des exploitations au total.
- Les exploitations engagées en filière longue en élevage, grandes cultures et viticulture. L'écrasante majorité des fermes. Elles représentant 72 % des exploitations.
Quel avenir selon les profils ?
S’il n’y a pas d’écarts significatifs de performance économique et financière entre les différents profils, les auteurs notent toutefois une variabilité du devenir des exploitations selon leur type.
Les fermes d’élevage ou céréalières en circuit long, ainsi que celles engagées en circuits long et court sont parmi les plus indécises quant à leur avenir et la possibilité de transmettre. « La vente de l’exploitation à un tiers qui s’agrandirait serait privilégiée », selon le CEP. Il s’agit par ailleurs de structures où la part de chefs d’exploitation de plus de soixante ans est la plus élevée.
« Comme si le projet entrepreneurial familial était un facteur d’attractivité pour les enfants d’agriculteurs », les petits producteurs en circuit court et les producteurs en multisociétés qui proposent du travail à façon ont la fréquence de reprise la plus élevée.