Dans la nuit du 18 au 19 décembre 2025, au terme de longues négociations à Bruxelles, le président de la République a déclaré devant la presse : « Si vous êtes cohérents, que vous défendez la souveraineté agricole, vous ne pouvez pas remettre en cause ces 20 % de la Pac que vous êtes en train de revisiter. » Une mise en garde adressée à la Commission européenne et aux États membres alors que s’ouvre le chantier du prochain cadre financier pluriannuel (CFP), le budget de l’Union pour la période de 2028-2034.
Selon la proposition de la Commission européenne, quelque 300 milliards d’euros seraient sanctuarisés pour les aides directes aux agriculteurs, couvrant 80 % des paiements actuels de la Pac. Les 20 % restants existeraient toujours, mais dépendraient d’un cofinancement des États membres pour maintenir le niveau des soutiens. Un scénario inacceptable pour Paris, qui redoute que la Pac, la politique de cohésion ou encore le soutien aux régions ultrapériphériques ne servent de « variables d’ajustement » pour financer de nouvelles priorités comme la compétitivité industrielle ou la défense européenne.
Maintenir l’enveloppe
Emmanuel Macron a donc exigé le maintien intégral de l’enveloppe destinée au soutien aux revenus des agriculteurs, une demande portée notamment avec l’Italie, la Pologne et l’Irlande. Cette prise de position intervient dans un contexte de crise agricole aiguë en France, où viticulteurs et éleveurs font face à des situations « terribles », selon les mots du président de la République : épidémie de dermatose nodulaire bovine contraignant à l’abattage de troupeaux entiers, arrachage de vignes dans le pourtour méditerranéen, influenza aviaire…
« Il faut vous imaginer l’effondrement moral », a-t-il lâché devant la presse. Et d’ajouter que « dans ce contexte d’incertitude, avec autant de difficultés, avec les aléas climatiques qui augmentent, les épidémies […], nous ne pouvons pas laisser nos agriculteurs dans l’incertitude. »