Dans la stabulation, Lucie Lesieur est sereine, parfaitement dans son élément. La trentenaire a pris en 2022 les rênes des 266 hectares de cultures et 90 mères de race salers de l’exploitation familiale à Rônai, dans l’Orne. Passionnée, celle qui ne prend jamais de vacances confie : « Je m’évade lorsque je pratique l’équitation. » Avec sa jument Dimil Pourcent d’Amour, elle part à la conquête des podiums.

« Je ne pouvais pas vivre sans mes vaches »

Lucie Lesieur rêvait d’être vétérinaire mais ne souhaitait pas s’engager dans de longues études, encore moins s’éloigner de la ferme. Elle a d’abord opté pour un bac professionnel puis un BTS dans le secteur du commerce. « Mais lorsque mon père a annoncé la vente de la ferme pour prendre sa retraite, j’ai réalisé que je ne pouvais pas vivre sans mes vaches », se souvient-elle.

Lucie se démène alors pour être admise en cours d’année en BTS ACSE. Elle devient salariée sur l’exploitation pendant deux ans, avant de s’installer. Depuis, elle s’est prise de passion pour la génétique et les concours, jusqu’à participer au Salon international de l’agriculture en 2024.

La plupart des week-ends de mars à octobre, l’administratrice du Herd-book salers sillonne les concours hippiques de l’Hexagone avec sa jument. Pratiquant l’équitation depuis ses 12 ans, Lucie Lesieur s’est d’abord consacrée au concours complet avant de se concentrer sur le saut d’obstacles vers 16 ans.

Le mental est central

Lucie Lesieur résume sa progression récente : « Avec Dimil, acquise il y a trois ans, j’ai réussi à franchir progressivement des obstacles jusqu’à 1,25 m et, surtout, j’ai obtenu le titre de vice-championne de France amateur en juillet », au Mans (Sarthe). Lors de cette compétition impliquant quatre parcours différents en trois jours, la cavalière se souvient d’une jument parfaitement connectée.

Lucie Lesieur a décroché le titre de vice-championne de France amateur de saut d’obstacles l’été dernier. (© Photos Les Garennes )

Participant à l’Open de France depuis trois ans, la Normande explique : « Le mental est central dans la réussite d’une telle épreuve. J’ai dû apprendre à gérer la fatigue et le stress. » Regrettant d’avoir relâché l’attention sur le dernier obstacle, ce qui l’a fait passer à côté de la première place, elle confie avoir réalisé ce que représentait cette performance en voyant l’émotion de sa mère et sa coach.

Tant à la ferme qu’à l’écurie, Lucie Lesieur apprécie d’être entourée de personnes de confiance. « C’est aussi une histoire de famille. Ma mère m’accompagne régulièrement sur les concours et mon père veille sur l’exploitation en mon absence. »