Que deviennent les veaux issus d’un cheptel bio ? En élevage laitier, les trois quarts des mâles quittent les filières biologiques pour être vendus en maigre et 8 % sont exportés. Quant aux veaux issus de troupeaux allaitants biologiques, 39 % des mâles sont valorisés en maigre en conventionnel et 20 % commercialisés à l’étranger. Tels sont les chiffres présentés par l’Idele lors de la journée Grand Angle Viande, le mardi 17 novembre 2020.

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« En 2018, près de 142 000 bovins maigres ont quitté les cheptels bio français, soit davantage que la production abattue la même année, établie à 129 000 têtes », calcule Eva Groshens, chargée des études et du traitement de données à l’Idele.

Devenir des veaux nés en 2014 dans les ateliers bio au 1er février 2020 — hors mortalité. Source : GEB-Institut de l’élevage, d’après SPIE/BDNI et Normabev

« Les abattages de bœufs issus des élevages biologiques [dont 70 % de type viande] ont progressé de manière régulière depuis dix ans », constate Eva Groshens. Pour autant, leur part reste marginale. D’après les données collectées par l’Idele, la production de bœufs représente 6 % du débouché des veaux nés de mère laitière en 2014 et 11 % pour ceux nés de mère allaitante.

Remédier à la perte de valeur

« Des besoins en recherche et développement ont été identifiés pour accroître la valeur de la filière biologique, face à la fuite d’animaux vers le conventionnel alors que la demande intérieure pour la viande biologique progresse, notamment en haché », explique Catherine Experton, responsable du pôle « ruminants santé » à l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques (Itab).

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À ce sujet, un projet Casdar, intitulé PROVerBIAL (1), vient d’être validé. Il a pour objectif de développer la production de mâles finis très jeunes (rosés ou bouvillons) en cohérence avec les potentialités fourragères et pertinente sur les plans économique et environnemental.

Lancé en 2021 pour une durée de trois ans, le projet aura pour vocation de proposer des itinéraires techniques de production de mâles finis et valorisés en bio dans quatre contextes d’élevage : à la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, au lycée agricole de Tulle Naves en Corrèze, à la ferme des Bordes dans l’Indre et à la station Inrae de Laqueuille, dans le Puy-de-Dôme.

Lucie Pouchard

(1) PROVerBIAL : Produire de la viande biologique qui valorise les teritoires avec le troupeau bovin allaitant.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Recul de la demande sur les pièces « arrière »

L’activité commerciale reste assez régulière sur le marché du vif, bien que les industriels observent un recul des commandes dans les pièces « arrière ». Le prix des aloyaux se replie, mais cette baisse n’est pas compensée par une plus-value sur les avants. Les abatteurs, qui ont moins de difficulté à s’approvisionner, commencent à mettre la pression sur les prix des laitières. La demande est également plus calme dans le domaine des allaitantes, mais la modestie de l’offre permet de maintenir les cours.
Votre analyse du marché - Bovins maigres

L’offre de broutards reste juste suffisante pour la demande

La modestie de l’offre continue à faciliter l’animation commerciale sur l’ensemble des marchés. Les ateliers d’engraissement se vident rapidement avec des mises en place qui ont été insuffisantes depuis un an.