Que deviennent les veaux issus d’un cheptel bio ? En élevage laitier, les trois quarts des mâles quittent les filières biologiques pour être vendus en maigre et 8 % sont exportés. Quant aux veaux issus de troupeaux allaitants biologiques, 39 % des mâles sont valorisés en maigre en conventionnel et 20 % commercialisés à l’étranger. Tels sont les chiffres présentés par l’Idele lors de la journée Grand Angle Viande, le mardi 17 novembre 2020.

> À lire aussi : Élevage laitier, que faire des veaux mâles en 2020 ? (07/10/2020)

« En 2018, près de 142 000 bovins maigres ont quitté les cheptels bio français, soit davantage que la production abattue la même année, établie à 129 000 têtes », calcule Eva Groshens, chargée des études et du traitement de données à l’Idele.

Devenir des veaux nés en 2014 dans les ateliers bio au 1er février 2020 — hors mortalité. Source : GEB-Institut de l’élevage, d’après SPIE/BDNI et Normabev

« Les abattages de bœufs issus des élevages biologiques [dont 70 % de type viande] ont progressé de manière régulière depuis dix ans », constate Eva Groshens. Pour autant, leur part reste marginale. D’après les données collectées par l’Idele, la production de bœufs représente 6 % du débouché des veaux nés de mère laitière en 2014 et 11 % pour ceux nés de mère allaitante.

Remédier à la perte de valeur

« Des besoins en recherche et développement ont été identifiés pour accroître la valeur de la filière biologique, face à la fuite d’animaux vers le conventionnel alors que la demande intérieure pour la viande biologique progresse, notamment en haché », explique Catherine Experton, responsable du pôle « ruminants santé » à l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques (Itab).

À lire aussi : Filière, les viandes bio sont toujours plébiscitées par les Français (06/11/20)

À ce sujet, un projet Casdar, intitulé PROVerBIAL (1), vient d’être validé. Il a pour objectif de développer la production de mâles finis très jeunes (rosés ou bouvillons) en cohérence avec les potentialités fourragères et pertinente sur les plans économique et environnemental.

Lancé en 2021 pour une durée de trois ans, le projet aura pour vocation de proposer des itinéraires techniques de production de mâles finis et valorisés en bio dans quatre contextes d’élevage : à la ferme expérimentale de Thorigné-d’Anjou, dans le Maine-et-Loire, au lycée agricole de Tulle Naves en Corrèze, à la ferme des Bordes dans l’Indre et à la station Inrae de Laqueuille, dans le Puy-de-Dôme.

Lucie Pouchard

(1) PROVerBIAL : Produire de la viande biologique qui valorise les teritoires avec le troupeau bovin allaitant.

Votre analyse du marché - Bovins de Boucherie

Les prix se stabilisent

Après une progression ininterrompue des cours depuis un an, une tendance à la stabilisation se dessine dans l’ensemble des pays de l’Union européenne. Les niveaux de prix répercutés sur les étals commencent à être un frein à la consommation, surtout sur les fins de mois. De plus en plus de parties arrière passent au hachoir, y compris dans les races à viande. L’écart de prix entre les réformes laitières et les allaitantes d’entrée de gamme rétrécit. Ces dernières sont recherchées, en raison d’un rendement carcasse plus favorable.
Votre analyse du marché - Bovins maigres

Echanges fluides

La hausse du prix de l’alimentation du bétail inquiète l’ensemble des filières d’engraissement de jeunes bovins en Europe. Malgré l’augmentation des prix à la vente, les coûts de revient peuvent s’avérer bien plus lourds en fonction des types d’atelier ou de leur grosseur. Sur les marchés, les disponibilités sont réduites en cette semaine perturbée par le jeudi de l’Ascension. La faiblesse des apports facilite les échanges dans les broutards et taurillons charolais d’herbe qui ont repris quelques centimes.