Les scandales à répétition dénoncés par l’association abolitionniste L214 aux quatre coins de l’Hexagone commencent à faire du bruit dans les rangs de l’Assemblée nationale. Ils « suscitent l’indignation de tous et alarment les consommateurs quant au niveau réel de prise en charge de la protection animale dans tous les abattoirs de France », estiment quatorze parlementaires affiliés au groupe LR dans l’exposé des motifs remis le 7 juin 2021 à la présidence de l’Assemblée nationale.

Les députés invitent, de ce fait, le gouvernement à déployer une « grande campagne d’audits indépendants portant sur le respect de la réglementation en matière de protection animale dans les 265 abattoirs de boucherie [bovins, ovins, caprins, porcins et équins, NDLR], étendus aux abattoirs de volailles et lagomorphes. »

Rendre publics les rapports d’inspection

Dans leur proposition de résolution, les députés demandent également à ce que l’intégralité des rapports d’inspection des abattoirs soit « rendue publique à l’issue de la campagne d’audits », et que cette dernière soit pérennisée de manière annuelle.

Les signataires du texte ne manquent pas de revenir sur les images chocs tournées par L214 dans l’abattoir porcin de la Société briécoise d’abattage (Finistère). Les vidéos de maltraitance animale régulièrement dévoilées par l’association « révèlent des dysfonctionnements importants des services de l’État et mettent en évidence l’insuffisance et l’absence de fiabilité des données publiques disponibles concernant l’état des abattoirs sur notre territoire », poursuivent les élus.

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Les abattoirs encore frileux à l’installation de caméras

Désignant les lanceurs d’alerte comme « unique source d’information accessible à nos concitoyens pour connaître le niveau de respect de la réglementation sanitaire et le bien-être animal d’un abattoir », les parlementaires rappellent que « seuls trois abattoirs sur 934 sont à ce jour équipés de moyens de vidéosurveillance ». La loi Egalim a pourtant instauré l’expérimentation de ce dispositif pour « mettre fin aux problèmes de maltraitance », soulignent-ils.

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Lucie Pouchard