« L’accord conclu entre le Royaume-Uni et l’Australie est le premier traité signé post-Brexit construit de A à Z, souligne Cassandre Matras, de l’Institut de l’élevage lors d’un webinaire organisé le 22 juin 2021. En 10 ans, cet accord prévoit l’augmentation graduelle des contingents à droits nuls, de 25 000 à 75 000 tonnes pour l’agneau australien et de 35 000 à 110 000 tonnes pour le bœuf australien. »

Michèle Boudoin, présidente de la Fédération nationale ovine, s’inquiète de ces importations à droits nuls. « Elles risquent de perturber le marché européen et vont anéantir le marché intérieur du Royaume-Uni », a-t-elle déclaré le 17 juin 2021 lors d’une conférence de presse à Bazeuge, dans la Haute-Vienne.

Le cheptel ovin australien se redresse

La signature de cet accord intervient d’ailleurs dans un contexte particulier puisque le cheptel ovin de l’Australie qui était en perte de vitesse depuis vingt ans tend à se redresser. « Il devrait atteindre 67,3 millions de têtes d’ici au 30 juin 2021, soit 5,2 % de plus qu’en 2020 », détaille Cassandre Matras. Les producteurs ont commencé à recapitaliser en 2020.

« La production s’est contractée, poursuit-elle. À 649 000 tec, elle a baissé de 12 % par rapport à 2019. » En conséquence, les exportations du pays à 474 450 tec ont reculé de 6 % (–10 % vers les États-Unis, –19 %, vers la Chine, –24 % vers le Moyen-Orient). « Sur les cinq premiers mois de 2021, les envois ont continué de chuter, souligne-t-elle. Ils s’affichent à –10 % par rapport à 2020. »

Marie-France Malterre