« L’an passé, les ventes en grande distribution ont été dynamiques, mais elles n’ont compensé qu’en partie le recul de nos activités liées à la restauration hors domicile. Des tensions ont également été observées sur les marchés à l’exportation, mais Lactalis a fait preuve d’agilité », résume Emmanuel Besnier, son P.-D.G., lors d’une conférence de presse organisée le 18 mai à Vitré, dans l’Ille-et-Vilaine.

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« Conforme à la moyenne du secteur »

Malgré les perturbations liées au Covid-19, le groupe Lactalis voit son chiffre d’affaires (CA) progresser de 5,9 % en 2020, pour atteindre 21,1 milliards d’euros. Dans le détail, 56 % de l’activité est réalisée en Europe, 26 % en Amérique (Nord et Sud), 12 % en Asie et Océanie, et 6 % en Afrique et au Moyen-Orient. « La part du continent européen, qui représentait encore deux tiers du chiffre d’affaires il y a quelques années, continue de diminuer au profit des Amériques », précise Emmanuel Besnier.

Les fromages représentent en 2020 35 % du CA de Lactalis et affichent une croissance 14 % sur un an. Viennent ensuite le lait liquide (25 % du CA), l’ultra-frais (14 %), le beurre et les crèmes (12 %), les ingrédients et la nutrition (7 %). « Avec davantage de repas consommés à domicile, l’emmental râpé s’est notamment très bien vendu l’année dernière », commente Philippe Palazzi, directeur général du groupe Lactalis.

Le résultat net consolidé du groupe laitier mayennais passe ainsi de 318 millions d’euros en 2019 à 427 millions d’euros en 2020, soit 2 % du chiffre d’affaires. Un ratio « conforme à la moyenne des acteurs du secteur, mais on est loin des grands groupes industriels alimentaires, qui oscillent autour de 8 % », estime-t-il.

Vers une remontée du prix du lait

S’agissant de la rémunération des producteurs, Emmanuel Besnier annonce un prix moyen payé de 369 €/1 000 litres en 2020 — dont 384 € pour les produits de grande consommation vendus en France — et assure être « le mieux-disant des entreprises ayant un mix-produit similaire ». « Nous avons réussi à stabiliser le prix, ce que n’ont pas fait tous nos concurrents », défend-il.

Pour 2021, le P.-D.G. de Lactalis se montre optimiste à l’égard de la paie des éleveurs. « En France, le prix du lait devrait être en hausse significative, voire l’un des plus hauts des dernières années. Cette tendance sera essentiellement tirée par les marchés mondiaux beurre-poudre, plutôt que par le fruit des négociations avec les distributeurs. »

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Les rachats à l’étranger se poursuivent

Cette année, Lactalis devrait également poursuivre ses opérations de croissance externe par le rachat d’entreprises à l’étranger, après avoir déjà « réalisé une centaine d’acquisitions ces dix dernières années », souligne Philippe Palazzi.

Plusieurs dossiers sont en cours, comme le rachat de la division des yaourts de la coopérative canadienne Agropur, de deux sites de production et de la structure commerciale du brésilien Cativa, l’acquisition des activités de Leerdammer (Pays-Bas) et de Shostka (Ukraine), ou encore le rachat de l’américain Kraft, spécialisé dans les fromages « naturels et râpés ».

Vincent Guyot