« Pour un élevage français de taille moyenne, sur le dernier trimestre de 2021 et le premier de 2022, les estimations des pertes oscillent entre 80 000 et 120 000 euros », alerte François Valy, vice-président d’Inaporc et président de la Fédération nationale porcine (FNP), lors d’une conférence de presse le 24 novembre 2021 à Paris.

Le diagnostic est sans appel. « Les éleveurs subissent une explosion des coûts de production, essentiellement due à la flambée des céréales, explique François Valy. Or l’alimentation représente 75 % des charges d’un atelier porcin ». À la fin de septembre 2021, le prix de la tonne d’aliment s’élevait à 284 € et « se situe aux environs de 300 € désormais. »

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« Il manque 30 à 35 centimes du kilo »

En parallèle, le recul des achats de viande porcine de la Chine, qui « affiche clairement sa volonté de relancer sa production nationale », précipite un effondrement du prix du porc. « Le marché européen est complètement engorgé : l’Espagne n’exporte plus en raison du recul du débouché chinois, et l’Allemagne, frappée par la fièvre porcine africaine, se reporte sur le marché communautaire », explique François Valy.

Résultat, au Marché du porc breton (MPB), le cours du porc français affiche 1,23 €/kg, contre 1,70 € en décembre 2021. « Cela équivaut à un prix payé à l’éleveur d’environ 1,38 €/kg. Pour parvenir à l’équilibre, il manque 30 à 35 centimes du kilo », chiffre le vice-président d’Inaporc.

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Contractualiser sans nuire au cadran

Alors que la loi Egalim 2 imposera la contractualisation des mâles castrés à partir du 1er janvier 2022, François Valy se montre favorable à la généralisation des contrats pour la commercialisation des porcs. « À l’amont, nous souhaitons aller plus loin », appuie-t-il.

« Il ne s’agit pas de contractualiser 100 % de la production, nous ne sommes pas dans un marché fermé, tempère toutefois le vice-président d’Inaporc. Le cadran sera toujours indispensable à l’obtention d’une référence de prix. » Mais il estime qu’« à l’instar des grandes cultures, une part de la production sous contrat peut permettre de sécuriser les marges et de maintenir la production ».

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Vincent Guyot