« La crise sanitaire a plombé le marché du chevreau », résume l’Institut de l’élevage (Idele). Si la filière du lait de chèvre a su s’accommoder du pic de collecte printanier, la viande de chevreau a largement souffert du changement des habitudes de consommation. Les surstocks constitués chez les industriels avaient conduit ces derniers à annoncer un contingentement d’environ 50 % sur les volumes normalement abattus en octobre et novembre.

« Le président de la Fnec et le président d’Interbev caprins ont été en contact très régulier avec le ministre de l’Agriculture et son cabinet afin d’obtenir la reprise normale du ramassage et l’abattage de 100 % des chevreaux », explique la Fédération nationale des éleveurs de chèvres (Fnec), dans un communiqué publié le 15 septembre 2020. C’est maintenant chose faite. Un accord a été trouvé pour assurer, « sans délai », le ramassage des chevreaux jusqu’à la fin de la campagne de 2020-2021.

« Cet engagement est accompagné d’un important soutien financier conditionné à la réduction des surstocks et à un travail prospectif mené au sein d’Interbev caprins, afin de faire évoluer la filière vers des modes de commercialisation plus adaptés aux attentes du consommateur », précise le syndicat. Un accord similaire avait été conclu en mars dernier, pour la poursuite du ramassage des chevreaux engraissés jusqu’à Pâques.

Conjoncture déprimée

En cumul sur les sept premiers mois de l’année, la production de viande caprine est en repli de 6 % sur un an, du fait d’un allègement du poids moyen des carcasses, d’une baisse du cheptel caprin et du développement des lactations longues. Mais, privés des habituelles célébrations de Pâques et de certains débouchés à l’exportation, les industriels ont constitué d’importants surstocks de viande congelée estimés à 500 tonnes-équivalent carcasse.

La revalorisation saisonnière du cours du chevreau n’a donc pas eu lieu. « En pleine campagne pascale, le cours s’établissait à 2,70 €/kg, soit 20 % de moins qu’en 2019 (3,40 €/kg), confirme l’Idele. La cotation a cédé 10 centimes aussitôt après Pâques, à 2,60 €/kg, un prix qui se maintient depuis. Les stocks pèseront sûrement sur les cotations du reste de l’année 2020. »

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A. Courty