Tous les produits de biocontrôle sont-ils utilisables en agriculture biologique ? « La plupart, mais pas tous, répond Denis Longevialle, le secrétaire général d’IBMA France interrogé ce 21 septembre 2021 sur le salon Tech&Bio. Parmi ceux qui n’ont pas l’agrément, il y a les herbicides, qu’on retrouve dans la famille des substances naturelles, comme l’acide acétique ou l’acide pélargonique. Ils ne seront jamais utilisables en bio, car contraire à sa philosophie. »

Des spécificités pour l’agriculture biologique

La procédure pour homologuer un produit de biocontrôle et celle pour obtenir son agrément « utilisable en agriculture biologique » (UAB) sont deux circuits parallèles. « On espère qu’ils se rejoindront, poursuit Denis Longevialle. Cela fait partie de l’axe de simplification de la réglementation prévue dans la stratégie nationale du biocontrôle, publiée en novembre 2020.

L’idéal serait que, lorsqu’un produit formulé, en dehors des herbicides, obtient une autorisation de mise sur le marché, il puisse être automatiquement utilisable en agriculture biologique. Cela ferait gagner du temps, et permettrait aux producteurs bio d’avoir plus rapidement accès aux solutions. »

Une utilisation qui gagne du terrain

La moitié des producteurs en agriculture biologique utilisaient des solutions de biocontrôle en 2018, selon l’enquête réalisée auprès des adhérents de l’IBMA France, l’association française des entreprises de produits de biocontrôle. Ils étaient un peu moins nombreux en conventionnel : quatre sur dix.

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« Ces chiffres sont en train d’être actualisés, indique Denis Longevialle. Je ne serai pas surpris de voir le nombre d’utilisateurs progresser. » Le marché du biocontrôle poursuit en effet son essor, comme l’ont montré les résultats de 2020 de l’IBMA.

Proximité avec le terrain

C’est une nouveauté de l’édition de 2021 de Tech&Bio : le village du biocontrôle réunit seize firmes adhérentes de l’IBMA France. « Une opportunité pour son déploiement », se réjouit Denis Longevialle.

« Pour faire connaître ses solutions, l’IBMA organise ses Rencontres annuelles du biocontrôle, dont la huitième édition se tiendra le 18 janvier 2022, annonce-t-il. C’est un lieu d’échange et de résonance. Nous avons néanmoins constaté que ce n’était pas suffisant : nous avons besoin de parler du biocontrôle en étant plus proche du terrain. »

Ce village spécialisé du salon Tech&Bio, premier du genre en France, est ainsi un « complément concret des grandes rencontres, ajoute-t-il. On travaille aux prochaines éditions de ce village, qui sera notamment présent au Sival d’Angers. »

Justine Papin