Le ministère de l’Agriculture a publié le 10 novembre 2020 sur son site internet, la stratégie nationale de déploiement des produits de biocontrôle pour les cinq ans à venir. Son objectif est de « lever les freins au développement du biocontrôle » comme alternatives aux produits phytopharmaceutiques conventionnels.

Quatre axes de développement

Prévue dans l’article 80 de la loi adoptée après les États-généraux de l’alimentation, dite loi Egalim, cette stratégie copilotée par le ministère de l’Agriculture et le ministère de la Transition écologique tourne autour de quatre axes sur la période de 2020 à 2025 :

  • Le soutien à la recherche et à l’innovation, avec la mise en place d’un dispositif d’accompagnement des TPE/PME porté par la Banque publique d’investissement et doté d’un budget d’un million d’euros ;
  • La simplification de la réglementation dont l’objectif est de faciliter le recours aux pièges à phéromones pour la surveillance et la lutte contre les insectes ravageurs des cultures et de simplifier les procédures administratives pour la dissémination dans l’environnement des macro-organismes utiles à la protection des plantes ;
  • Le déploiement des solutions sur le territoire, en améliorant l’information/la formation initiale et continue des professionnels et du grand public, et en encourageant la valorisation économique des pratiques agricoles ayant recours aux solutions de biocontrôle ;
  • La promotion au niveau de l’Union européenne, notamment dans le cadre du pacte vert pour l’Europe et de la stratégie « De la ferme à la fourchette » de la Commission européenne.

Doublement en cinq ans du nombre de produits

Des objectifs chiffrés sont définis avec, en premier lieu, un doublement en cinq ans du nombre de produits de biocontrôle disponibles, qui doivent passer de 523 au 1er janvier 2020 à 1 000 au 1er janvier 2025. Le nombre de macro-organismes autorisés (indigènes et non-indigènes) devrait aussi passer de 377 à 420 sur la même période. Par ailleurs, une augmentation de 20 points du pourcentage d’usages couverts par les produits de biocontrôle est prévue, pour atteindre 60 %.

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Une part de marché évaluée à 30 % d’ici à 2030

Le ministère de l’Agriculture entend « accompagner un marché en plein essor ». Il représente aujourd’hui plus de 11 % du marché de la protection des plantes, soit un volume de ventes estimé à 217 millions d’euros en 2019, en progression d’environ 8,5 % entre 2018 et 2019.

« Les perspectives font état d’une part de marché possible de 15 % d’ici à 2022 et un objectif de 30 % à l’horizon de 2030, estime le ministère, précisant que cela participerait « à l’atteinte de l’objectif de réduction de 50 % de produits phytopharmaceutiques en 2025. »

Le biocontrôle représentait, à la fin de 2019, près de la moitié des actions standardisées au titre des certificats d’économie de produits phytopharmaceutiques (CEPP).

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La promotion au niveau de l’Union européenne est un « enjeu essentiel »

Dans un communiqué diffusé le 17 novembre 2020, Céline Barthet, présidente d’IBMA France, assure que l’association française des entreprises de produits de biocontrôle « aura à cœur de contribuer à sa mise en œuvre et son succès, en ayant toujours en vue l’objectif d’accélérer le déploiement du biocontrôle ».

« L’ambition d’IBMA France est de passer le cap des 30 % du marché de la protection des plantes à l’horizon de 2030, avec deux solutions de biocontrôle à modes d’actions complémentaires pour la majorité des usages », est-il précisé dans le communiqué.

Pour l’association, la reconnaissance et la promotion du biocontrôle par l’Union européenne demeurent « un enjeu essentiel ». « Le calendrier politique pourrait être opportun alors que la France se prépare à la présidence du Conseil de l’Union européenne lors du premier semestre de 2022 », souligne l’IBMA.

Isabelle Escoffier