L’Institut français des producteurs cidricoles (IFPC) livre ses prévisions de récoltes des fruits à cidre pour cette année, dans un communiqué de presse du 21 septembre 2021. Soumises à une météo capricieuse dès le printemps, ces récoltes ont été affectées de manière « très variable » en fonction notamment des variétés et de l’intensité du retour à fleurs. L’IFPC dresse le bilan des conséquences des aléas climatiques pour prévoir la production à venir.

Le gel a fait des dégâts « importants » dans la filière cidricole

Les régions cidricoles ont d’abord été épargnées par une situation météorologique « plutôt clémente » entre novembre 2020 et janvier 2021. Les périodes de froid, de gel, puis de douceur en février ont ensuite provoqué une sortie de dormance des arbres et la reprise de leur activité métabolique. La conséquence directe a été un gonflement des bourgeons sur les variétés précoces, telles que les Judeline, les chairs rouges ou les variétés anglaises. Et ce, particulièrement dans des secteurs habituellement hâtifs.

La phénologie des arbres s’est ensuite accélérée par la douceur de la fin du mois de mars 2021 et ses records de températures maximales, avant d’être « stoppée net » par un premier épisode de gel entre les 6 et 7 avril 2021. Les dégâts dans la filière cidricole ont été une fois de plus importants, particulièrement dans des secteurs froids et dans l’intérieur des terres, alors que la floraison s’annonçait globalement de belle qualité.

L’impact a toutefois été « très variable », en fonction notamment des variétés (les plus précoces étant touchées) et de l’intensité du retour à fleurs. Cela va d’un effet simplement éclaircissant dans certains vergers à des situations individuelles de producteurs gravement touchés.

Les poires à poiré ont par exemple été fortement affectées, une très faible production est donc attendue. C’est plus généralement toute l’agriculture sur le territoire national qui a été frappée par le gel, avec de gros dégâts sur vignes, fruits à noyaux et fruits à pépins.

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Dix jours de retard pour le ramassage des pommes à cidre

En raison des pluies de mai, les conditions de pollinisation et de nouaison des fruits ont été mauvaises. Ces conditions humides ont en effet rendu la saison tavelure 2021 moins facile à gérer que les années précédentes, surtout dans les vergers avec inoculum. Les premiers vols de carpocapse ont ainsi été observés plus tardivement que les années précédentes, entre le 15 et le 31 mai 2021. La seconde génération du carpocapse a été peu favorisée par les conditions météorologiques de la fin de l’été, sauf dans des secteurs plus précoces et plus chauds.

Septembre 2021 marque le top départ du ramassage des pommes à cidre. Si ces chantiers ont débuté dans de bonnes conditions au début du mois, ils démarrent une dizaine de jours plus tard par rapport à la moyenne. Conséquence, les calibres sont globalement au rendez-vous, mais ils sont en dessous de ce qu’on aurait pu attendre initialement au vu de la charge des arbres. Malgré une pluviométrie à nouveau au rendez-vous, les variétés tardives ont un bon potentiel de grossissement.

Les premières analyses réalisées à Sées sur des fruits de la station cidricole confirment effectivement une maturité plus tardive que la moyenne.

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La production en verger basse-tige recule sur un an

L’année se caractérise par une production du verger cidricole spécialisé légèrement plus faible que l’année 2020, dans un contexte de forte hétérogénéité de production des vergers liée notamment aux épisodes de gel et aux mauvaises conditions climatiques autour de la floraison et de la formation du fruit.

Ces prévisions seront à préciser en fonction du grossissement automnal des fruits, en particulier sur les pommes tardives, en lien avec les conditions climatiques et la dynamique de chute des fruits.

Les prévisions de l’IFPC ont été établies à la suite d’une enquête réalisée en août auprès d’un panel d’arboriculteurs. © IFPC

La production en verger haute-tige augmente sur un an

Le potentiel de récolte en 2021 en verger haute-tige dans les bassins est un peu plus important que l’année dernière, très nettement plus élevé dans les bocages normands et dans une moindre mesure en Bretagne et en pays d’Auge-Lieuvin. Le niveau de production de l’ensemble de ces régions se situe globalement dans la moyenne dans six dernières années.

© IFPC Personnes interrogées : producteurs livreurs réguliers de fruits -- Base de comparaison : production moyenne des producteurs interrogés au cours de la période 2015-2020 (base 100). -- Remarque : les données issues du bassin Maine et Perche sont trop peu nombreuses cette année pour estimer le niveau de production.

Comme chaque année, une enquête auprès d’un panel de producteurs livreurs réguliers de fruits a été réalisée. Le suivi des quantités récoltées permet d’évaluer les variations interannuelles et de positionner le niveau de la récolte à venir.

Les données présentées dans le tableau ci-dessus sont exprimées en pourcentage de la production moyenne récoltée par les producteurs interrogés au cours de la période allant de 2015 à 2020.

Oriane Dieulot