Le Réseau Biodiversité pour les Abeilles (1) a dévoilé sa contribution à la définition du plan pollinisateurs dans un communiqué de presse diffusé le 22 mars 2021. La consultation publique est en effet attendue pour cette fin de mois.

Parmi les principales pistes proposées par le réseau, deux propositions ont notamment été formulées pour améliorer l’alimentation des abeilles et réconcilier le monde agricole et le monde apicole.

Les ZNT riverains, garde-manger pour les pollinisateurs

« Pour alimenter les colonies d’abeilles et les pollinisateurs sauvages, les jachères apicoles ont fait la preuve de leur efficacité depuis longtemps, estime l’association. Il faudrait environ 80 000 à 90 000 ha de jachères apicoles réparties sur les principaux bassins de production agricole. »

Pourquoi ? « Pour garantir un bol alimentaire de qualité et en quantité suffisante pour les pollinisateurs (abeilles domestiques, abeilles sauvages, diptères, lépidoptères, autres auxiliaires de l’agriculture), poursuit l’association. Les ZNT riverains et les bandes enherbées peuvent être consacrées à cette mobilisation de l’espace agricole et rural au service de la biodiversité. »

« La prise en charge de ce fleurissement utile de la France par les pouvoirs publics représente un effort de 4 millions d’euros par an », selon le réseau. Et pour y répondre, l’association estime qu’un système de cofinancement entre l’État, les Régions et l’Union européenne est envisageable.

Pas de contrainte en plus mais des sanctions plus importantes

Pour le Réseau Biodiversité pour les Abeilles, il faut de plus encourager les partenariats entre apiculteurs et agriculteurs qui permettent une bonne sensibilisation et meilleure compréhension mutuelle des enjeux et des craintes.

C’est pourquoi son autre proposition phare vise à garantir le respect des mentions abeilles, actuellement en vigueur, sans ajouter de contraintes supplémentaires pour les agriculteurs au risque sinon de faire disparaître les cultures dites mineures de nos territoires alors qu’elles constituent de précieuses ressources pollinifères et nectarifères pour les butineuses.

« Les cas avérés de mauvaises pratiques agricoles devront être plus sévèrement sanctionnés. La recherche du gagnant-gagnant doit être la boussole de la relation apiculture-agriculture », précise cependant Philippe Lecompte, apiculteur professionnel bio et président du Réseau Biodiversité pour les Abeilles.

Lutte contre le varroa

Le réseau préconise aussi :

  • d’accélérer la recherche sur les parasites et les maladies virales des abeilles ;
  • de soutenir les productions agricoles mellifères, telles que les protéagineux ;
  • de renforcer la surveillance des pratiques apicoles ;
  • d’étendre les mesures agroenvironnementales et climatiques « climat et pollinisation » à l’ensemble du territoire ;
  • de rendre obligatoire la lutte contre le varroa ;
  • d’assurer la présence d’oasis de biodiversité aux côtés des cultures mellifères.

« Pour le gouvernement, l’heure est venue de répondre présent pour relever le défi de la biodiversité », résume Philippe Lecompte.

Céline Fricotté

(1) Une association qui agit en faveur de la protection des pollinisateurs (abeilles domestiques, abeilles solitaires, bourdons, diptères…) et de leurs écosystèmes.