Les aléas climatiques de cette année ont entraîné une chute des prévisions sur la production de pommes françaises en 2021, annonce le service de la statistique du ministère de l’Agriculture – Agreste – dans son analyse du 13 septembre 2021. La commercialisation des premières variétés commence avec dix jours de retard par rapport à 2020.

La production nationale de pommes françaises en 2021 est en recul par rapport à l’année 2020. © Agreste

Des calibres de pommes plus réduits à cause du gel

Au 1er septembre 2021, la production française de pommes diminuerait de 20 % par rapport à la moyenne des récoltes de 2016 à 2020 et de 12 % sur un an.

La variété Golden serait la moins touchée par la baisse. Avant le gel, la production globale s’annonçait élevée, avec une floraison importante, après la faible récolte de l’an dernier. La coloration des fruits est favorisée par les variations de température. Il se confirme que dans de nombreux vergers, les calibres seront plus réduits qu’initialement envisagés, notamment en Gala.

Les conséquences des aléas climatiques varient d’un bassin de production à un autre :

  • En région Paca, les conséquences des aléas météorologiques se confirment : baisse des volumes et des calibres. En revanche, la coloration est présente. La plaine du Vaucluse a été davantage touchée par le gel que les secteurs alpins. Les chutes physiologiques de fruits ont accentué les pertes, malgré une floraison secondaire. Outre les effets du gel, les épisodes pluvieux et venteux ont abîmé les fruits. Le niveau de baisse de la production serait d’environ un tiers.
  • Dans la vallée de la Garonne, la production baisserait de 2 % par rapport à la faible récolte de 2020. Le gel a allégé l’éclaircissage. Dans le Languedoc, le gel réduit la production.
  • Dans les Pays de la Loire, il aurait peu affecté le potentiel de production, qui s’annonce plus élevé que celui de 2020, notamment en Golden. Les calibres devraient être néanmoins plus réduits.
  • En Aquitaine, la prise de calibre revient à la normale.
  • Dans le Limousin, en revanche, les calibres pourraient rester petits. Après une production réduite en 2020, les secondes floraisons ont permis, malgré le gel, un maintien du potentiel initial. La production du Lot-et-Garonne serait la plus faible depuis vingt ans.
  • Dans la vallée du Rhône, là où le gel a été le plus intense, une demi-récolte est prévue. Le grossissement et la coloration des fruits sont présents.
  • Dans le Centre-Val de Loire, le gel a entraîné des pertes. La variété Golden est celle qui s’en sort le mieux. La récolte sera de 2 à 3 semaines plus tardive que celle de 2020.

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La pomme vendue avec dix jours de retard

La commercialisation pour la campagne de 2021-2022 de la pomme de table commence en août par les variétés précoces estivales, dont la Gala. Les prix sont favorablement orientés.

Wapa prévoit en 2021 une production européenne de pommes supérieure à celle de 2020 (+10 %) et à la moyenne de 2016 à 2020 (+5 %). La production de la Pologne, premier pays producteur de pommes, atteindrait un niveau important, après les deux dernières récoltes réduites (+22 % sur un an et +16 % comparativement à la moyenne de 2016 à 2020). Celles de l’Allemagne et de l’Espagne progresseraient de respectivement 6 % et 28 % sur un an. La récolte de l’Italie, touchée comme celle de la France par un gel printanier, se contracterait de 4 % sur un an.

La production européenne de la variété Gala augmenterait de 8 % sur un an, atteignant son niveau le plus élevé depuis au moins 10 ans.

Sur la campagne de 2020-2021, le chiffre d’affaires de la pomme est stable au niveau national sur un an, et en hausse de 3 % par rapport à la moyenne des cinq dernières campagnes. La forte hausse des prix compense la baisse de production. Cette évolution moyenne masque toutefois une grande disparité entre les régions : en Paca, le chiffre d’affaires augmente de 11 % sur un an alors qu’il chute de 17 % en Aquitaine. La production française (1,3 Mt) recule de 13 %, atteignant son niveau le plus bas depuis sept ans.

D’août 2020 à mai 2021, les volumes français exportés au sein de l’Union européenne diminuent sur un an et par rapport au niveau moyen de 2015 à 2019.

Oriane Dieulot