Dans un communiqué de presse du 25 août 2021, le Réseau Biodiversité pour les abeilles (RBA) tire la sonnette d’alarme concernant « une production de miel historiquement faible et un risque de mortalité hivernale importante ». Selon l’association, qui agit en faveur de la protection des pollinisateurs, la solution à ce constat dramatique réside dans la culture du colza, dont les surfaces diminuent pourtant chaque année. Les apiculteurs en appellent donc au gouvernement pour débloquer « un plan d’aides exceptionnelles ».

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80 % de production de miel en moins cette année

Une « annus horribilis pour l’apiculture française », titre le communiqué du RBA. Selon ses estimations, la production de miel 2021 en France devrait se situer entre 20 et 30 % d’une année normale, soit 7 à 8 kg de miel par ruche. « C’est à peine le tiers de la production habituelle moyenne. » En cause : « une météo particulièrement mauvaise qui a engendré une floraison limitée. »

Concrètement, l’hiver doux a précipité le développement des ruches qui ont dû stopper leur travail de réserves au retour brutal du froid au printemps. Les colonies ont alors dû puiser dans leurs ressources tout en freinant leur développement. Puis se sont enchaînées des conditions météorologiques « désastreuses » cet été, entre températures records et précipitations, ne laissant pas suffisamment de temps aux abeilles pour récolter en juillet et en août. Résultat des comptes : la production de miel en 2021 s’annonce catastrophique et les jeunes apiculteurs professionnels « vont avoir de grosses difficultés à maintenir leurs exploitations ».

Et c’est sans compter la crainte du développement des parasites « qui pourraient provoquer d’importantes mortalités au sein des colonies peu développées et mal nourries depuis des semaines ».

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Le colza au secours des apiculteurs « angoissés »

Quelle solution pour endiguer la crise de l’apiculture française ? « Soutenir la culture du colza qui joue un rôle majeur dans l’économie apicole », assure le Réseau Biodiversité pour les abeilles. « En effet, la floraison du colza apporte pollen et nectar en début de saison et permet aux colonies de se développer pour être parfaitement productives sur des cultures estivales comme le tournesol, la lavande ou la luzerne. »

« Hélas, poursuit le communiqué, les surfaces de colza connaissent une diminution inquiétante. Depuis quatre ans, les surfaces sont passées de 1,5 million à 977 000 hectares. Dans certains bassins comme la Lorraine, la baisse est de 55 %. » Une tendance à la baisse qui est « source d’une grande angoisse pour les apiculteurs ».

Et c’est justement parce que les agriculteurs sont en ce moment même en train de semer le colza que les apiculteurs appellent le gouvernement et le monde agricole à soutenir cette culture. « Un plan d’aides exceptionnelles doit être débloqué au plus vite, estime le réseau. Les producteurs doivent avoir accès aux moyens de production et de protection du colza, en particulier face aux ravageurs comme la grosse altise ou encore le charançon du bourgeon terminal. »

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Oriane Dieulot
Votre analyse quotidienne du marché - Oléagineux

Le colza atteint un nouveau record

Les prix du colza étaient en hausse mardi 21 septembre 2021 dans l’après-midi sur le marché européen, franchissant la barre symbolique des 600 euros la tonne, dopés par un rebond des huiles en Asie.