Dans un communiqué du 9 septembre 2022, le Copa-Cogeca (1) a confirmé ses premières estimations annoncées en juillet dernier concernant la production de céréales et d’oléoprotéagineux dans l’Union européenne pour la récolte de 2022.

Baisse drastique des récoltes de céréales

Selon l’organisation européenne, la production de céréales serait en baisse de 6,8 % sur un an, avec 269 millions de tonnes pour la récolte de 2022.

Malgré des surfaces stables, « la baisse des rendements de la plupart des céréales a entraîné une baisse drastique pour la récolte de 2022 ». En effet, la sécheresse de cet été a eu de lourdes conséquences sur les récoltes, notamment de maïs grain.

Dans le détail, les productions de maïs grain, de blé dur et de blé tendre reculeraient nettement par rapport à l’année précédente, avec respectivement, 55 millions de tonnes (–20 %), 7,4 millions de tonnes (–7,4 %) et 125,6 millions de tonnes (–2,5 %).

Seule la production d’orge fait figure d’exception puisqu’elle devrait rester stable, à 51 millions de tonnes.

Pour le Copa-Cogeca, la production céréalière pour la récolte de 2022 est globalement inférieure à la moyenne quinquennale.

Plus d’oléoprotéagineux

Pour les oléagineux et les protéagineux, la situation est plus optimiste avec des résultats supérieurs aux moyennes annuelles des cinq dernières années. Selon les chiffres du Copa-Cogeca, la production devrait atteindre 31,9 millions de tonnes (+7,2 %) pour les oléagineux et 3,92 millions de tonnes (+5,1 %) pour les protéagineux.

Grâce à une augmentation des surfaces et à de bons rendements, la production de colza grimperait pour atteindre 19,5 millions de tonnes.

« Alors que la superficie ensemencée en tournesol a augmenté à un niveau record dans l'Union européenne 27, la production ne s’élève qu’à 9,6 millions de tonnes, soit 7 % de moins que l’année dernière », poursuit le Copa-Cogeca. 

« La production européenne de soja devrait elle aussi rester stable, car les rendements plus faibles ont pu être compensés par les hectares supplémentaires semés (+17,4 %) », ajoute-t-il. 

De son côté, la production européenne de protéagineux, tels que les féveroles à petits grains, augmenterait de 5 % sur un an, grâce aux bonnes récoltes dans les pays scandinaves et baltes notamment.

La volatilité des prix à des conséquences sur les récoltes

Pour l’organisation européenne, ces résultats sont à replacer dans un contexte mondial plus qu’incertain pour les producteurs céréaliers européens.

« La volatilité des prix découlant des évolutions sur la scène internationale, l’inflation, la parité de l’euro avec le dollar et l’augmentation du prix des principaux intrants rendent la situation particulièrement compliquée pour les agriculteurs », souligne le Copa-Cogeca.

Ainsi, « la nouvelle hausse des prix de tous les engrais et les difficultés d’approvisionnement rencontrées dans certains pays auront des conséquences sur la production de 2023 en termes de rendements, de quantités et de cultures semées », ajoute-t-il.

Pour le Copa-Cogeca, il est indispensable que la Commission européenne prenne de nouvelles mesures afin de rendre le marché des engrais plus transparent et limiter la hausse des prix. Ceci pour garantir un approvisionnement stable lors de la prochaine campagne.

(1) Comité des organisations professionnelles agricoles et Confédération générale des coopératives agricoles.