L’abondance de lait provoque de grandes inquiétudes dans plusieurs pays européens. La Pologne, la Hongrie, la Roumanie et la Slovaquie rapportent une situation « tendue » voire « critique » dans certains États membres, dans un document débattu au Conseil agricole ce lundi 26 janvier 2026. Ces pays demandent à la Commission européenne d’activer la réserve de crise de la Pac pour « aider à faire face à cette situation difficile ».

Le constat est rude. Le prix du lait moyen payé aux producteurs européens est passé de 538 €/t en septembre à 488 €/tonne en décembre selon la dernière estimation de la Commission européenne. Cette moyenne sera encore tirée vers le bas en janvier.

« Les signes indéniables d’une crise profonde »

Pour réagir, l’Italie, soutenue par la Roumanie et la Slovaquie demande « un plan européen extraordinaire pour le lait » dans un deuxième document. Les trois États membres tirent la leçon de la crise du lait de 2016 et insistent sur le caractère urgent de la situation : « l’erreur produite à l’époque, à savoir une intervention tardive plutôt qu’immédiate, ne doit pas se reproduire ».

Concrètement, les pays proposent « l’activation d’un programme de financement européen pour soutenir la réduction volontaire de la production ». Ils estiment que le moyen le plus rapide de stabiliser les prix du lait est de contrôler la production, en échange de compensations financières pour les volontaires. En complément, ils suggèrent « d’accorder des aides au stockage privé de fromage et de beurre » pour soulager temporairement le marché.

L’Union européenne a produit 1,541 million de tonnes de lait supplémentaires en 2025 (période de janvier à novembre) par rapport à 2024, selon la Commission européenne. De nombreux facteurs ont joué sur cette production record : prix du lait élevés, conditions météo favorables, retard des vêlages à cause de la fièvre catarrhale ovine (FCO), ou encore baisse des abattages des vaches laitières.