Juste après avoir annoncé les derniers arbitrages sur l’assurance récolte, Emmanuel Macron a présenté, à Terres de Jim le 9 septembre 2022 dans le Loiret, son «  pacte d’avenir et d’orientation pour l'agriculture ». L’objectif : relever les défis du renouvellement des générations à l'heure du changement climatique.

Il ouvre une période de concertation de six mois « dans tous les territoires » avec les organisations professionnelles du secteur agricole. Elle devra notamment se traduire par une loi d'orientation et d'avenir agricole attendue pour le deuxième semestre de 2023.

  1. Des budgets supplémentaires pour l'enseignement

    Aux représentants des organisations professionnelles et des agriculteurs présents, le président de la République a déclaré qu'il avait besoin d'eux pour faire passer « un discours public qui assume l'importance de l'agriculture française » en réponse à l'agribashing. Dans le cadre de l'orientation scolaire dès l'année de cinquième, il invite le secteur agricole à aller dans les établissements scolaires pour expliquer ce qu'est l'agriculture.

    Il a annoncé une enveloppe de 20 millions d'euros dans le cadre du « fonds compétence » de France 2030 pour les établissements de l'enseignement agricole. Elle servira à financer « des formations nécessaires dans l'hydraulique, la robotique agricole pour soutenir l'innovation pédagogique ».

    Emmanuel Macron a également annoncé « la création d'un statut expert associé dans l'enseignement agricole ». « On a besoin d'expertises complémentaires aux enseignants pour faire circuler les formateurs. Les métiers sont en train de se transformer et donc on a besoin de compétences extérieures dans nos établissements. »

    « D'ici à un an sur tout le territoire, nous mettrons en place un réseau d'incubateurs d'entreprises agricoles innovantes en s'appuyant sur les lycées agricoles, les chambres d'agriculture, les acteurs du développement durable, les instituts techniques, les Régions et les banques, a aussi expliqué le président de la République. C'est ce qui va permettre aussi de trouver des réseaux pour les stages, les contrats d'alternance ou d'apprentissage et permettre aussi d'avoir des experts dans ces réseaux pour notre enseignement. »

    Toutes ces mesures seront inscrites dans le projet de loi de finances pour 2023. « L'augmentation des inscrits dans l'enseignement agricole s'accompagnera d'une augmentation des moyens budgétaires », a-t-il promis « avec une première enveloppe prévue dès l'année prochaine de 60 millions d'euros ».

  2. Renforcer le dialogue entre cédant et repreneur

    Si Emmanuel Macron a proposé des mesures concrètes pour l'enseignement agricole, le chantier reste ouvert concernant le « deuxième pilier » du pacte consacré au passage de relais entre les cédants et leurs repreneurs.

    « Je souhaite que dans les concertations qui s'ouvrent, vous puissiez autour du ministre faire des propositions très concrètes pour renforcer ce dialogue entre générations, faciliter la vie de ceux qui partent et ceux qui arrivent », s'est-il contenté.

  3. 400 millions d’euros pour le portage du foncier

    Le président de la République veut « mettre en place un fonds entrepreneurs du vivant » pour faciliter l'accès au foncier. Si celui-ci doit encore être structuré dans le cadre de la concertation, il est prévu qu'il soit doté de 400 millions d'euros et adapté à chaque région et en fonction du prix du foncier pratiqué localement.

    Ce fonds doit permettre « de donner de la visibilité, de lisser le coût et la charge à l'aide d'une structure parapublique. L'objectif de ce fonds est de permettre aussi que la reprise soit un moment d'accélération, où en aidant à financer, on aide le jeune à investir tout de suite en reprenant », a précisé Emmenual Macron.

    Pour faciliter l'installation, le chef de l'État souhaite la mise en place d'un réseau France installation agricole avec les chambres d'agriculture et « tous ceux mobilisés sur la question de l'installation ». « Chacun pourra y trouver des conseils, une orientation vers la structure adéquate et un accompagnement », a-t-il ajouté.

  4. Des installations à l’épreuve d’un «  stress test climatique »

    Face au changement climatique, Emmanuel Macron veut donner de la visibilité à ceux qui s'installent. Grâce à la recherche, une vision « sur les modèles agricoles à 20 ou 30 ans » sera à trouver territoire par territoire. Le président de la République a aussi annoncé le développement, avec les chambres d'agriculture, d'un « stress test climatique intégré au parcours d'installation ». Ce diagnostic indiquera notamment le type de culture ou d'irrigation à privilégier et les investissements à réaliser. L'État en prendra la charge, a-t-il prévenu.