Le prix de la poudre de lait écrémé "évolue à contre-courant des autres produits laitiers, constate Benoît Rouyer, responsable du département en charge de l'économie de l’interprofession laitière (Cniel), dans son analyse mensuelle diffusée le 4 décembre 2022. Son prix reste certes relativement élevé à l’échelle des dix dernières années, mais il baisse régulièrement depuis six mois, affecté par une demande internationale moins soutenue."

Le prix du beurre recule aussi

Ces dernières semaines, le prix du beurre a également reculé, mais il reste proche des 7000 euros la tonne. C’est 40 % au-dessus de son niveau de l’an dernier, à la même époque. "La baisse du prix de la poudre de lait écrémé s’est en revanche amplifiée, au cours des dernières semaines, souligne l’économiste. Son prix se situe aujourd’hui un peu en dessous de 3000 euros la tonne et donc à un niveau légèrement inférieur à celui de l’an dernier."

La production laitière mondiale est loin d’être dynamique. Elle s’est stabilisée aux États-Unis et recule modérément dans l’Union européenne. Elle affiche un repli de 4,3 % en Nouvelle-Zélande. En France, "elle retrouve un peu de dynamisme. Selon les sondages hebdomadaires de FranceAgriMer, la collecte a baissé de 1,1 % depuis le début de l’année 2022, mais dépasse légèrement le niveau de l’an dernier, depuis deux mois."

Des charges en hausse

Quant aux charges en élevage, elles augmentent actuellement de façon importante. "L’indice général Ipampa de l’Institut de l’élevage a progressé de 20 % en l’espace de d’un an, observe Benoît Rouyer. Parmi les postes en forte augmentation figurent l’énergie, les aliments achetés ainsi que les engrais et amendements dont le prix unitaire a doublé en l’espace d’un an. L’augmentation des charges s’avère également particulièrement élevée en aval de la filière."

Selon l’enquête mensuelle de FranceAgriMer, le prix standard du lait de vache conventionnel était de 439 euros les 1000 litres sur le mois de septembre. Il se situe 81 euros au-dessus du niveau de septembre 2021, soit une progression relative de 22 %. Le contexte inflationniste concerne également les produits laitiers vendus en magasin. L’évolution des prix sur un an se situe dans une fourchette allant de +14 % à +19 % selon les familles de produits laitiers.