Depuis que son père, retraité, prend de la distance avec l’exploitation, Julian Bracot s’organise pour travailler seul. À la tête d’un cheptel de 60 mères blondes d’Aquitaine à Vielleségure (Pyrénées-Atlantiques), l’éleveur produit veaux sous la mère, broutards, mâles reproducteurs et vaches grasses de réforme. Le parc de contention avec bascule intégrée, installé depuis un an et demi, l’aide beaucoup. « J’avais vu pas mal de choses sur internet et j’avais une idée claire de ce que je voulais construire, tout en m’adaptant à la morphologie propre du bâtiment. »

Julian a établi son parc dans l’espace de la stabulation où, auparavant, il stockait son fourrage. C’est lui qui a bétonné le couloir et fixé les barrières. Le résultat est plus que satisfaisant : l’installation forme un couloir en « U » bétonné sur 80 cm de large et un peu moins de 8 m de long. Sur le conseil de Guillaume Lacoste, son technicien Bovins croissance, il s’est appuyé sur deux murs perpendiculaires existants : « Les animaux avancent mieux et cela réduit le budget barrière ! » La plateforme de pesage achetée d’occasion est installée au bout du couloir et ne bouge plus d’un endroit à l’autre.

Les animaux arrivent par le fond et un portillon les oriente dans un sens ou l’autre du « U », soit vers la balance, soit vers l’autre extrémité, qui sert de quai de chargement. Le centre du « U », équipé d’un abreuvoir, est aménagé en box pour les vêlages. Il est prévu d’en bétonner le sol encore en terre battue.

Plusieurs portillons

Le couloir est très utile pour les inséminations et la prophylaxie. « Des portillons permettent de bloquer une vache ou une génisse. Le vétérinaire peut faire les prélèvements et les vaccins facilement, tout en restant à l’extérieur du couloir. Avant, il faisait comme il pouvait, là où il pouvait. Le travail est plus facile et se fait en toute sécurité. » , préciseJulian. Il pèse 50 animaux en 1 h 30, «  les bêtes sont habituées et tout se passe sans difficulté, mis à part les jeunes veaux, moins rodés à la pratique. Dans la cage de un mètre de large, les plus jeunes arrivent parfois à se retourner. »

Il n’y a qu’un point faible à l’installation : le manque d’un passage d’homme. Si un animal est bloqué, l’éleveur doit escalader la barrière. Un oubli, réparable néanmoins. Heureusement, les animaux sont très dociles.

Julian réalise aussi des économies. « En faisant les pesées moi-même, je gagne 30 % sur ma cotisation au contrôle de croissance. Et je ne gaspille plus de vermifuge, puisque je connais le poids exact de mes bêtes. »

« Sans pesée, les éleveurs ont souvent tendance à surdoser, confirme Guillaume Lacoste. Toutes ces économies, mises bout à bout, deviennent importantes. » Julian cite un autre avantage : « Je pèse les broutards ou les vaches grasses la veille de leur départ. C’est parfois utile pour les tractations commerciales avec le chevillard ou le négociant ! »