Le méteil, mélange de graines de céréales et de protéagineux (blé, seigle, avoine, triticale, pois, féverole…) est une culture économe en intrants. Cet « assortiment » est adapté à l’engraissement des jeunes bovins. La ferme expérimentale des Bordes, dans l’Indre, a montré que la ration à base de méteil aplati permettait d’obtenir des croissances similaires à celle d’un régime à base de blé × orge × tourteau de colza, ou même d’un concentré de granulés du commerce.
Des rendements qui peuvent limiter l'intérêt de la culture
À 2,33 €/j/tête, le méteil est le moins coûteux. Le rendement modeste de cette cultures peut toutefois en limiter l’intérêt. Chez les brebis qui ont de forts besoins lors de l’allaitement quand elles sont suitées de deux agneaux, le Ciirpo a montré qu’une céréale avec un complémentaire azoté était plus intéressant qu’un méteil contenant 40 % de protéagineux au niveau économique (hors AB) si on compare sa culture à celle d’une céréale.
Selon la modélisation des experts, la culture du méteil tire son épingle du jeu lorsque la surface de l’exploitation n’est pas limitée pour les cultures et que son rendement atteint 55 q/ha. C’est un seuil franchi par le Gaec Propin, qui cultive du méteil depuis vingt ans, même s’il n’observe pas de régularité sur les quantités récoltées. Ces dernières années, il sécurise le rendement avec de la féverole.
La culture permet aussi à Frédéric Demeule, à la tête de 45 charolaises conduites en agriculture biologique, d’être totalement autonome à moindres frais. Ses clients qui achètent la viande en direct apprécient aussi la provenance locale de l’alimentation des animaux.