Au Gaec Propin, à Val-d’Issoire, dans la Haute-Vienne, les bovins comme les ovins sont au régime méteil. Depuis 2004, les associés de cette exploitation familiale en cultivent une vingtaine d’hectares par an. À la tête de 100 vaches limousines et 600 brebis avec sa compagne, Élise Bachellerie, Aurélien Propin finit toutes les femelles avec le mélange cultivé.

La base de l'alimentation des vaches et génisses

Les 20 hectares de méteil constituent la base de l’alimentation des vaches et génisses à l’engraissement. Tout est mis en œuvre pour un bon démarrage de la culture, car « 70 % de la réussite se joue à ce moment-là », souligne l’éleveur.

Le mélange au semis comprend du triticale (100 kg/ha), de l’avoine noire (20 kg/ha) et des féveroles (60 kg/ha). Toutes les graines produites à la ferme sont semées en même temps avec un semoir en ligne classique.

« Suivant les années, nous récoltons entre 40 et 65 q/ha, explique Aurélien Propin. La proportion de la légumineuse varie un peu, mais la teneur en MAT du mélange oscille entre 15 et 17 %. »

« Cependant, j’opte désormais pour la féverole plutôt que pour le pois car elle est moins fragile. La plante structure mieux le sol et elle enrichit davantage la parcelle en azote. Elle est plus sensible au gel, mais les coups de froid sont moins forts et fréquents qu’il y a vingt ans. »

Peu d’intrants

La culture reçoit de 40 à 60 unités d’azote au stade 200°C. Un engrais foliaire à base de soufre (à raison de 5 kg/ha) est parfois épandu pour protéger de la rouille ou de la septoriose aux alentours du mois d’avril, ainsi qu’un fongicide à demi-dose.

« Pour la première fois cette année, nous avons emblavé une parcelle avec un mélange comprenant du blé et de la féverole pour voir s’il y a une meilleure complémentarité et un meilleur rendement », ajoute Aurélien Propin.

La récolte a lieu au début de juillet. « Je choisis une avoine précoce (Black haras) pour que sa maturité coïncide avec celle du triticale et de la féverole », déclare l’exploitant.

En graines pour les ovins, broyé pour les bovins

De cinq à dix tonnes de graines sont stockées en silos pour les ovins. Le reste est destiné aux bovins et nécessite un broyage. Un prestataire se charge de cette opération le jour même de la récolte avant une mise en boudin. « Cela revient à 27 €/m linéaire », indique Aurélien Propin.

La farine est reprise avec un godet pour être versée dans la mélangeuse avec du maïs grain sec broyé produit sur l’exploitation et du foin de luzerne. Ce dernier représente 20 % du volume, alors que les deux autres ingrédients se partagent à égalité le reste.

Cette ration est distribuée tous les deux à trois jours. « Le GMQ est d’environ 1 200 g par jour par tête, précise l’associé. En fonction de l’état des animaux à l’entrée en engraissement, la finition dure entre deux et cinq mois. »

Les agneaux d’herbe sont complémentés au champ avec ce méteil mélangé à un aliment du commerce. « En fonction de la qualité de l’enrubannage, nous en distribuons également aux brebis en lactation après analyse du fourrage », souligne-t-il.